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Coucou tout le monde

et oui ! me revoici plongée pour une nouvelle page d'histoire avec l'écrivain et journaliste Emile Zola, je vous parlerais de son enfance, de ses parents, de son adolescence en Provence, de ses amours avec Alexandrine sa femme et Jeanne son grand amour, de ses 2 enfants, de son parcours littéraire exceptionnel et dans les dernières années de sa vie de son engagement dans l'affaire Dreyfus.

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Emile Edouard Charles Antoine Zola

( °1840 - + 1902 )

Ecrivain, Romancier et journaliste français

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ENFANCE ET ADOLESCENCE PROVENCALE D' EMILE ZOLA

  

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 Emile Zola est né à Paris le 02 Avril 1840 au 10 rue Saint-Joseph

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  d'un père italien et d'une mère française. Il est le fils unique de François Zola, natif de Venise,

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 et d'Emilie Aubert, native de Dourdan.

 

Ici émile Zola avec ses parents

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Son père ingénieur de travaux publics, ancien officier subalterme italien, soumissionne la construction d'un système d'amenée d'eau potable à Aix-en-Provence depuis la montagne Sainte-Victoire. Il obtient le contrat le 19 avril 1843 et s'installe alors avec sa famille à Aix-en-Provence. La concession est signée en 1844, il crée avec des partenaires financiers la société du canal Zola. Les travaux commencent en 1847. Il meurt de pneumonie le 27 mars 1847 après avoir été responsable de la construction du Barrage Zola à Aix-en-Provence.

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Les créanciers poursuivent alors la société du canal. En 1851, Mme Aubert se rend à Paris avec son fils pour suivre les actions en justice contre Jules Migeon et les créanciers qui se disputent la société du canal Zola. Les créanciers font déclarer en banqueroute la société par le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence en 1852. Le 10 mai 1853, la société du canal de Zola est bradée aux enchères. Elle est rachetée par ses créanciers et devient "Migeon et Compagnie".

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Emilie Aubert, sa mère, totalement démunie, s'occupe de l'orphelin avec sa grand-mère, Henriette Aubert. Restée proche de son fils jusqu'à sa mort en 1880, elle a fortement influencé son oeuvre et sa vie quotidienne.

Au collège à Aix-en-Provence, il se lie d'amitié avec Jean-Baptistin Baille, et surtout Paul Cézanne

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qui reste son ami proche jusqu'en 1886. Ce dernier l'initie aux arts graphiques, et plus particulièrement à la peinture.

Dès sa prime jeunesse, Emile Zola est passionné par la littérature. Il accumule les lectures et conçoit très tôt le projet d'écrire à titre professionnel. Il considère dès son plus jeune âge l'écriture comme sa véritable vocation. En sixième, il rédige déjà un roman sur les croisades. Ses amis d'enfance Paul Cézanne et Jean-Baptistin Baille sont ses premiers lecteurs. Il leur affirme plusieurs fois, dans ses échanges épistolaires, qu'il sera un jour un écrivain reconnu.

 

UNE VIE DE BOHEME ( 1858- 1862)

  

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 Emile Zola quitte Aix en 1858 et rejoint sa mère à Paris, pour y vivre dans de modestes conditions, espérant trouver le succès. Petit à petit, il se constitue un petit cercle d'amis, majoritairement aixois d'origine. Il complète sa culture humaniste en lisant Molière, Montaigne et Shakespeare, mais pas encore Balzac qui ne l'inspirera que plus tardivement.

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 Il est aussi influencé par des auteurs contemporains, comme Jules Michelet, source de ses inspirations scientifiques et médicales.

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Emile Zola est recalé par deux fois au baccalauréat ès sciences en 1859. Ces échecs marquent profondément le jeune homme qui se désespère d'avoir déçu sa mère. Il est aussi conscient que, sans diplôme, il va au devant de graves difficultés matérielles.

Le premier amour de Zola, dont il s'est entiché pendant l'hiver 1860-1861, s'appelle Berthe. Le jeune homme la surnomme lui-même "une fille à parties", c'est-à-dire une prostituée. Il conçoit le projet de " la sortir du ruisseau", en essayant de lui redonner goût au travail, mais cet idéalisme se heurte aux dures réalités de la vie des bas quartiers parisiens. Il tire toutefois de cet échec la substance de son premier roman, La confession de Claude.

D'autres passions s'expriment à ce moment de sa vie. En effet, le monde de la peinture fascine Zola, très proche du mouvement impressionniste, avec des peintres qu'il a sans cesse défendus dans ses chroniques. Il gagne l'amitié d'Edouard Manet,

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qui le représente plusieurs fois dans ses oeuvres, grâce à lui, Zola fait la connaissance de Stéphane Mallarmé.

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Il est proche aussi de Camille Pissaro, Auguste Renoir, Alfred Sisley et Johan Barthold Jongking

 Ses amis peintres

 Paul Cézanne, son ami d'enfance, tient évidemment une place à part. Pendant des dizaines d'années, le peintre et l'écrivain se côtoient, échangent une correspondance riche et s'entraident même financièrement. Mais avec le temps, et surtout de la publication de L'Oeuvre,

 

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roman dans lequel l'artiste croit se reconnaître dans le personnage du peintre raté Claude Lantier, leur amitié s'éteint. Cézanne adresse sa dernière lettre à l'écrivain en 1886, et ils ne se reverront jamais plus.

 

A LA DECOUVERTE DE L'EDITION (1862-1865)

 

Ayant échoué au baccalauréat, Emile Zola affronte sans qualification le marché du travail et entre comme employé aux écritures aux Docks de la douane en avril 1860. Insatisfait, il démissionne au bout de deux mois et connaît une longue période sans emploi, difficile moralement et financièrement, jusqu'au moment où il parvient à entrer en contact avec Louis Hachette,

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qui l'embauche comme commis dans sa librairie le 1er mars 1862. Il est naturalisé français le 31 octobre 1862. Apprécié et multipliant les contacts avec le monde littéraire, il reste quatre ans au service de publicité chez Hachette où il occupe finalement un emploi équivalent à celui des attachés de presse modernes.

 

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A la librairie Hachette, l'idéologie positiviste et anticléricale le marque profondément. Il y apprend de plus toutes les techniques du livre et de sa commercialisation. Travaillant avec acharnement pendant ses loisirs, il parvient à faire publier ses premiers articles et son premier livre, édité par Hetzel: Les contes à Ninon (en 1864). 

A la fin de 1864, Zola fait la connaissance d'Eléonore-Alexandrine Meley, qui se fait appeler Gabrielle. Ce prénom aurait été celui de sa fille naturelle, qu'à dix-sept ans elle a été forcée d'abandonner à l'Assistance publique; lourd secret qu'elle révéla certainement à Zola après leur mariage. Née le 23 mars 1839 à Paris, Alexandrine 

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est la fille d'une petite marchande de 17 ans et d'un ouvrier typographe, né à Rouen. L'écrivain consacre un portrait à sa nouvelle conquête, "L'amour sous les toits", dans Le Petit Journal ".

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On ne connaît pas l'origine de cette liaison. Peut-être est-ce le fait du hasard, puisque Emile et Alexandrine habitaient tous les deux les hauts de la montagne Sainte-Geneviève. Des rumeurs font état d'une liaison préalable d'Alexandrine avec Paul Cézanne et du fait qu'elle ait pu être modèle pour le groupe de peintres que Zola fréquente, ou encore d'une relation avec un étudiant en médecine. Mais aucune preuve n'étaie ces affirmations.

 

JOURNALISTE LITTERAIRE ( 1866- 1868)

 

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Emile Zola en 1868 peint par son ami Edouard Manet 

 

Dès 1863, Zola collabore épisodiquement, puis régulièrement à partir de 1866 aux rubriques de critique littéraire et artistique de différents journaux. Les quotidiens permettent au jeune homme de publier rapidement ses textes et ainsi, de démontrer ses qualités d'écrivain à un large public. C'est pour lui, " un levier puissant qui lui permet de se faire conaître et d'augmenter ses rentes".

Il bénéficie de l'essor formidable de la presse au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, qui permet l'émergence immédiate de nouvelles plumes. A tous les apprentis romanciers lui demandant conseil, et jusqu'aux derniers jours de sa vie, l'écrivain recommande de marcher sur ses pas, en écrivant d'abord dans les journaux.

Il fait ses débuts véritables dans des journaux du Nord de la France, opposants au Second Empire. Zola met à profit sa connaissance des mondes littéraires et artistiques pour rédiger des articles de critique, ce qui lui réussit. Dès 1866, à 26 ans, il tient deux chroniques dans le journal L'événement.

A L'Illustration, il donne deux contes qui rencontrent un certain succès. Dès lors, ses contributions sont de plus en plus nombreuses: plusieurs centaines d'articles dans des revues et journaux très variés. On peut citer les principaux: L'Evénement et L'Evénement illustré, La Cloche, Le Figaro, Le Voltaire, Le Sémaphore de Marseille et Le Bien public à Dijon.

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 Outre la critique (littéraire, artistique ou dramatique), Zola a publié dans la presse une centaine de contes et tous ses romans en feuilletons. Il pratiquait un journalisme polémique, dans lequel il affichait ses haines, mais aussi ses goûts, mettant en avant ses positions esthétiques, mais aussi politiques. Il maîtrise parfaitement ses interventions journalistiques, utilisant la presse comme un outil de promotion de son oeuvre littéraire. Pour ses premiers ouvrages, il a en effet rédigé des comptes-rendus prêts à l'emploi qu'il a adressés personnellement à toute la critique littéraire parisienne, obtenant en retour de nombreux articles.

A partir de 1865, Zola quitte sa mère et emménage avec sa compagne dans le quartier des Batignolles, sur la rive droite, à proximité du faubourg Montmartre, le secteur où se situent les principaux organes de presse. Les réticences de Mme Zola Mère retardent de cinq ans l'officialisation de cette liaison. C'est aussi une période de vaches maigres, pendant laquelle Alexandrine effectue de menus travaux afin que le couple puisse joindre les deux bouts.

 

JOURNALISTE POLITIQUE (1869-1871)

 

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Emile Zola en 1870

C'est au travers de ses interventions dans la presse politique que l'engagement de Zola est le plus marquant. La libéralisation de la presse en 1868 lui permet de participer activement à son expansion. Par des amis de Manet, Zola entre au nouvel hebdomadaire républicain La Tribune, où il pratique ses talents de polémiste par l'écriture de fines satires anti-impériales. Mais c'est dans La Cloche que ses attaques les plus acides contre le Second Empire sont publiées. Thérése Raquin n'a pas enthousiasmé Louis Ulbach, le directeur du journal, mais il admire l'insolence du chroniqueur.

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Sur le plan personnel, son mariage avec Alexandrine est finalement célébré le 31 mai 1870 à la mairie du XVIIè arrondissement, à la veille du conflit franco-prussien. Alexandrine est un soutien indispensable dans les nombreux moments de doute de l'écrivain. Il lui en sera toujours reconnaissant.

L'écrivain n'est pas mobilisé pour la guerre. Il pourrait être intégré à la Garde nationale, mais sa myopie et son statut de soutien de famille (pour sa mère) l'en écartent. Il suit la chute du Second Empire avec ironie.

Alexandrine convainc son mari de fuir Paris avant le siège. Le couple gagne Marseille en septembre 1870. Puis en décembre, Emile part à Bordeaux, où siège la délégation gouvernementale. Il essaie auprès d'amis républicains de se faire nommer sous-préfet d'Aix-en-provence ou de Castelsarrasin. Il n'est finalement engagé que comme secrétaire du ministre Alexandre Glais-Bizoin. Zola n'est ni un homme d'intrigues ni de réseaux.

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Les Zola retournent à Paris en mars 1871. Emile reprend son travail à parir du 18 mars. Zola est arrêté le 20 et relâché le 21. En avril il est scandalisé par l'interdiction de certains journaux par la Commune et, le 10, il est menacé d'être pris comme otage. Les Zola prennent alors la fuite en passant par Saint-Denis, qui est sous le contrôle des Prussiens, et se réfugient à Bennecourt. Ils reviennent à Paris fin mai, après la Semaine sangalante et l'écrasement de la commune.

Ici un dossier "à travers l'histoire" sur la célébre LOUISE MICHEL (1830-1905)

Le 03 juin 1871 dans le Sémaphore de Marseille, Zola écrit à propos du peuple de Paris: " Le bain de sang qu'il vient de prendre était peut-être d'une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et en splendeur.

Courageux voir téméraire, Zola s'attaque avec dureté aux ténors de l'Assemblée comme Albert de Broglie

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ou Gabriel de Belcastel. Il vilipende une chambre peureuse, réactionnaire, "admirablement manipulée par Thiers". Pendant un an, il produit plus de deux cent cinquante chroniques parlementaires. Elles lui permettent à la fois de se faire connaître du monde politique et d'y fonder de solides amitiés (et inimitiés). Il collecte aussi une foule de détails qu'il utilisera par la suite dans ses romans. Ces engagements sont quelques peu risqués pour l'écrivain. Il tombe deux fois sous le coup de la loi. Mais ces ennuis judiciaires n'ont pas de conséquences et il est chaque fois libéré le jour même.

Zola reste soigneusement à l'écart du monde politique, auprès duquel il sait engager, mais avec retenue, recul et froideur. L'action politique ne l'interresse pas et il n'a jamais été candidat à aucune élection. Il se sait avant tout écrivain, tout en exprimant une attitude de réfractaire. Il agit donc en libre penseur et en moraliste indépendant, ce qui lui apporte une stature de libéral modéré. Il s'oppose radicalement à l'Ordre moral, notamment dans La Conquête de Plassans, interdit de vente dans les gares par la commission de colportage, et par la publication de La Faute de l'abbé Mouret, une vive critique de la règle de la chasteté pour le clergé, renforcée alors par la mise en oeuvre du culte du mariage par l'église. Il défend aussi activement les communards amnistiés par les lois de 1879 et 1880, en évoquant les parias de la Révolution de 1848 dans Le Ventre de Paris et en soutenant notamment Jules Vallès afin que celui-ci puisse publier ses textes. Ce seront les derniers articles politiques de Zola, puisqu'il a entrepris le cycle des Rougon-Macquart qui va l'occuper pendant vingt-deux années.

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VERS LE SUCCES LITTERAIRE (1872-1877)

 

Emile Zola est un homme éminemment sociable, multipliant les amitiés de tous ordres et tous milieux, tout en refusant les mondanités. Passionné par ses semblables, il privilégie cependant les amitiés artistiques et littéraires, et fuit les politiques. Dès 1868 et grâce à ses nouveaux travaux journalistiques, il se lie avec les frères Goncourt, Edmond et Jules. Puis en 1871, il rencontre Gustave Flaubert.

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Celui-ci, à l'occasion de réunions dominicales, l'introduit auprès d'Alphonse Daudet et d'Ivan Tourgueniev.

Daudet et Tourgueniev

Toute sa vie, Zola gardera la nostalgie de ce "petit groupe" dans lequel de "trois à six", on entreprenait un galop à travers tous les sujets, où la littérature revenait chaque fois, le livre ou la pièce du moment, les questions générales, les théories les plus risquées.

Zola se rapproche aussi de jeunes écrivains comme Guy de Maupassant, Paul Alexis, Joris-Karl Huysmans, Léon Hennique et Henri Céard qui deviennent les fidèles des soirées de Médan, près de Poissy, où il possède une petite maison de campagne, acquise en 1878. 

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 C'est le "groupe des six" à l'origine des Soirées de Médan parues en 1880. Le groupe lui offre le célébre "dîner Trapp" le 16 avril 1877.

Maison de Medan

La puissance de travail du romancier a fini par porter ses fruits. Pendant cette période, Zola publie en effet un roman par an, de multiples collaborations journalistiques, ainsi que des pièces de théâtre et Les Nouveaux Contes à Ninon. Connaissant depuis de longues années d'importantes difficultés sur le plan financier, il voit sa situation commencer à se stabiliser à la suite de l'énorme succès constitué par la publication de L'Assomoir en 1877.

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 Dès ce moment, ses revenus annuels oscillent entre quatre-vingts et cent-mille francs. Zola n'est pas fortuné à proprement parler, puisqu'àprès avoir eu sa mère à charge et ses deux foyers, les baisses de ventes de ses romans consécutives à ses engagements politiques l'amènent une fois ou l'autre à la gêne financière. Mais celle-ci n'est le plus souvent que momentanée, et il sera à l'abri de toute difficulté jusqu'à sa mort. Ses romans publiés en feuilletons lui rapportent mille cinq cents francs en moyenne et ses droits d'auteurs cinquante centimes par volume vendu. Il tire aussi des revenus importants de l'adaptation de ses romans au théâtre ainsi que de leurs nombreuses traductions. En quelques années, les revenus annuels de Zola augmentent rapidement, au point d'atteindre des montants de l'ordre de cent cinquante mille francs autour de 1895.

 

MAITRE DU NATURALISME (1878-1885)

 

Observateur des hommes et des faits de son temps dans ses romans, Zola n'a cessé de s'engager dans des causes sociales, artistiques ou littéraires qui lui semblent justes, sans jamais faire de politique. Le personnel politique lui semble suspect et avant l'affaire Dreyfus, il n'aura pas d'amis dans ce monde. Républicain convaincu, il s'engage tôt dans un combat contre l'Empire. Les premiers romans du cycle des Rougon-Macquart ont ainsi une visée à la fois satirique et politique. Aussi la censure dont il est l'objet dès 1871 avec La Curée, au retour de la République, le déçoit profondément. Mais il reste fervent républicain, la république étant pour lui "le seul gouvernement juste possible".

Cette période, qui marque le début d'une certaine reconnaissance professionnelle, est assombrie par plusieurs événements dans la vie d'Emile Zola. 1880 est à ce titre une année très difficile pour l'écrivain. Les décès d'Edmond Duranty, mais surtout de Gustave Flaubert terrassé par une attaque, atteignent profondément le romancier.

 

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Duranty et Flaubert

Ces disparitions, qui se conjuguent avec la perte de sa mère à la fin de l'année, plongent durablement Zola dans la dépression. En 1881, parvenu à l'autonomie financière grâce à la publication régulière des Rougon-Macquart, il cesse son travail de journaliste. A cette occasion, il publie des "adieux" dans lesquels il dresse un bilan de quinzes années de combat dans la presse. Il ne reprend la plume du journaliste, hormis quelques interventions çà et là, qu'à l'occasion de l'affaire Dreyfus en 1897, principalement au Figaro et à L'Aurore. Mais il reste reporter dans l'âme: l'intrigue de Germinal

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 s'inspire des rencontres avec des mineurs et décrit minutieusement l'envolée des actions minières en Bourse de Lille. 

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Zola à sa table de travail dans son cabinet de curiosités

 Un des atouts de Zola consiste en sa force de travail et sa régularité, résumées par sa devise qu'il a fait peindre sur la cheminée de son cabinet de travail à Médan: " Nulla dies sine linea". Sa vie obéit pendant plus de trente ans à un emploi du temps très strict, bien que sa forme ait varié dans le temps, notamment à l'époque où il conjuguait le journalisme avec l'écriture de ses romans. En général, à Médan, après un lever à sept heures, une rapide collation et une promenade d'une demi-heure en bord de Seine avec son chien Pinpin,

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il enchaîne sa première séance de travail, qui s'étand sur environ quatre heures, et produit cinq pages. L'après-midi est consacré à la lecture et à la correspondance, qui tient une large place chez Zola. A la fin de sa vie, il modifie cet ordre immuable pour consacrer plus de temps à ses enfants, les après-midis, reportant une partie de ses activités en soirée et dans la nuit.

 

ACHEVEMENT DES ROUGON-MACQUART ( 1886-1893) et Jeanne

 

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Jeanne

En 1888, alors que Zola s'interroge sur le sens de son existence à la veille de la cinquantaine, sa vie bascule brutalement. N'avait-il pas soufflé à Goncourt: " Ma femme n'est pas là... Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire: " ça ne vaut-il pas mieux qu'un livre? " 

Cest à cette époque que Jeanne Rozerot, jeune femme de 21 ans, est engagée par Alexandrine Zola pour entrer au service des Zola à Médan. Alexandrine s'entiche de cette jeune femme qui est lingère comme elle l'a été elle-même. Originaire du Morvan, orpheline de mère, Jeanne est "montée" à Paris pour se placer. Elle accompagne les Zola à la fin de l'été, lors des vacances du couple à Royan. Le romancier en tombe immédiatement amoureux. Il conçoit pour elle un amour d'autant plus fort qu'elle lui donne les deux enfants qu'il n'avait jamais pu avoir avec sa femme Alexandrine. 

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Zola avec Denise et Jacques 

Jeanne élève Denise, née en 1889 et Jacques en 1891, dans le culte de leur père. Pour autant, celui-ci n'abandonne pas la compagne de sa jeunesse. L'idylle demeure secrète pendant 3 ans, seuls quelques très proches amis de l'écrivain étant au courant. Zola installe sa maîtresse dans un appartement parisien et lui loue une maison de villégiature à Verneuil, à proximité de Médan, où il se rend à vélo.

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 Zola avec Jeanne Denise et Jacques

Alexandrine apprend l'infidélité de son époux vers le mois de novembre 1891, et l'existence des deux enfants, par le biais probable d'une lettre anonyme. La crise est grave pour le couple qui passe au bord du divorce. Mais cette révélation est aussi un soulagement pour le romancier, après 3 ans de secrets et de mensonges. Contre l'assurance que son mari ne l'abandonnera pas, Alexandrine se résigne à cette situation, tandis que Jeanne accepte son statut de "femme cachée". Elle s'occupe même des enfants, leur offrant des présents, les promenant de temps à autre, reportant sur eux un amour maternel dont elle a été privée. Après la mort de l'écrivain, elle fera reconnaître les deux enfants afin qu'ils puissent porter le nom de leur père.

Zola essaye ainsi, tant bien que mal, d'organiser sa double vie en partageant son temps entre Alexandrine et Jeanne. En juillet 1894, il écrit: je ne suis pas heureux. Ce partage, cette vie double que je suis forcé de vivre finissent par me désespérer. J'avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible."

Zola avec sa femme Alexandrine

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 Déjà en son temps, l'immense succès de Thérèse Raquin

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avait agacé Daudet et les Goncourt. Avec la réussite, et surtout les scandales, d'autres grandes amitiés de l'écrivain se distendent. Des campagnes de presse sont lancées contre Zola, notamment avec un pamphlet publié dans le Figaro en 1887: le Manifeste des cinq. Cinq romanciers d'inspiration naturaliste et proches de Daudet et Goncourt, opèrent une attaque en règle contre l'écrivain et La Terre, son nouveau roman en cours de parution dans la presse. Ils lui reprochent violemment ses faiblesses documentaires, "la niaiserie de ses leçons d'hérédité", "le superficiel dans l'observation", "le discours décadent", en affirmant que "le maître est descendu au fond de l'immondice"! Zola décide de ne pas répondre, mais la presse se fait globalement le défenseur de l'écrivain. Les relations entre Zola, Goncourt et Daudet se refroidissent dès lors.

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Avec le succès viennent les honneurs. Zola a accepté la croix de la Légion d'honneur à condition d'être dispensé de la demande écrite officielle. Après de nombreuses tergiversations, liées à des articles sévères du romancier sur ses confrères écrivains dans la presse en 1878, Edouard Lockroy

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 lui accorde cette décoration. L'écrivain est donc fait chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 1888, au grand dam encore une fois des Goncourt et d'Alphonse Daudet, mais aussi de ses proches, voire de son ami Paul Alexis. Octave Mirbeau intitule même un article sur Zola à la une du Figaro: " La Fin d'un homme". Le 13 juillet 1893, Raymond Poincaré

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 le fait officier de la Légion d'honneur. Mais en raison de sa condamnation consécutive à "J'accuse", Zola est suspendu de l'ordre de la Légion d'honneur le 26 juillet 1898 et n'y sera jamais réintégré. Par ailleurs, il est présenté à la Société des gens de lettres par Alphonse Daudet en 1891,

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et accueilli en son sein "exceptionnellement par acclamation et à main levée à l'unanimité." Il est élu au comité, puis élu et réélu président de l'association de 1891 à 1900. Il exerce très sérieusement ses fonctions: il intervient dans la presse pour présenter son organisation et ses valeurs, il fait reconnaître la société comme établissement d'utilité publique, le droit de la propriété littéraire et la défense des auteurs en France progressent sous son autorité, des conventions avec des pays étrangers, comme la Russie, sont signées.

 

AFFAIRE DREYFUS (1894-1899)

 

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 Le romancier intervient dans l'affaire Dreyfus à la fin de l'année 1897. Les campagnes de haine antisémite incitent Emile Zola à s'engager en faveur des Juifs. Son premier article est publié dès le lendemain dans Le Figaro. Il est suivi de Le Syndicat le 1er décembre et de Procès-verbal le 5 décembre. Il le conclut par la phrase prophétique, restée célèbre: " La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera". Le véritable traître en lieu et place d'Alfred Dreyfus, le commandant Walsin Esterhazy, 

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 est dénoncé puis jugé par un Conseil de guerre à Paris le 10 janvier 1898. Il est acquitté le lendemain. Après la condamnation d'un innocent, c'est l'acquittement du coupable, ce qui amène Zola à la réaction. Elle fut extrêmement énergique.

 

"J'ACCUSE"

 

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  Emile Zola avait préparé depuis plusieurs semaines un résumé de l'affaire Dreyfus. Le Figaro ayant refusé ses derniers articles afin de conserver son électorat le plus conservateur, l'écrivain se tourne vers L'aurore. Il termine la rédaction de l'article, initialement nommé " Lettre à M. Félix Faure, Président de la République",

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 dans les quarante-huit heures suivant le verdict. Ernest Vaughan (le directeur de L'Aurore) et Georges Clémenceau

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 lui trouvent un autre titre, plus ramassé et percutant: "J'accuse...! ". Avec la publication de l'article dans son numéro du jeudi 13 janvier 1898, L'Aurore décuple son tirage. Les trois cent mille exemplaires s'arrachent en quelques heures. Cet article est un brûlot, mais aussi la première synthèse de l'affaire Dreyfus, que le public découvre enfin dans sa globalité.

Le retentissement de l'article est considérable en France comme dans le monde. Zola s'expose personnellement à des poursuites judiciaires afin de relancer le débat et de ramener l'affaire au sein d'une enceinte judiciaire civile. La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre, avec l'assignation d'Emile Zola pour diffamation.

 

LE PROCES DE ZOLA

 

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Le ministre ne retient que trois passages de l'article, soit dix-huit lignes sur plusieurs centaines. Le procès s'ouvre dans une ambiance de grande violence. Fernand Labori, l'avocat de Zola,

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fait citer environ deux cents témoins. Ce procès est le lieu d'une véritable bataille juridique, dans laquelle les droits de la défense sont sans cesse bafoués. De nombreux observateurs prennent  conscience de la collusion entre le monde politique et les militaires. A l'évidence, la Cour a reçu des instructions pour que la substance même de l'erreur judiciaire ne soit pas évoquée. La phrase du président Delegorgue "la question ne sera pas posée", répétée des dizaines de fois, devient célébre. Toutefois, l'habileté de Fernand Labori permet l'exposition de nombreuses irrégularités et incohérences, et force les militaires à en dire plus qu'ils ne l'auraient souhaité.

Zola est condamné à un an de prison et à 3 000 francs d'amende, la peine maximale (soit, avec les frais, 7555,25 francs), qu'Octave Mirbeau paie de sa poche le 8 août 1898.

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Le 2 avril, une demande de pourvoi en cassation en raison du changement de juridiction. Le procès est ajourné et les débats sont repoussés au 18 juillet. Labori conseille à Zola de quitter la France pour l'Angleterre avant la fin du procès, ce que fait l'écrivain. Les accusés sont de nouveaux condamnés.

 

EXIL A LONDRES

 

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Première page du Pilori du 17 avril 1898 avec une caricature anti-dreyfusarde

 

On fait donc partir Zola immédiatement au soir du verdict, avant que celui-ci ne lui soit officiellement signifié et ne devienne exécutoire.

A l'image de ceux d'Hugo, Voltaire ou Vallès, cet exil déclenche un important mouvement d'opinion. Le 18 juillet 1898, Zola, seul, prend le train de 21h00 pour Calais, sans aucun bagage. Il vit ensuite reclus à Londres, dans le secret, dans une solitude entrecoupée des visites de ses amis et de sa famille proche. Le suicide du lieutenent-colonel Henry, en août 1898,

 

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 Croquis au procès de Zola

 lui redonne l'espoir d'achever rapidement cet exil. Espoir vain, du fait des lenteurs de la justice. La procédure connaît de nombreux épisodes et s'étend sur tout le premier semestre 1899. La décision, positive, est rendue le 3 juin, et , le lendemain, l'écrivain rentre à Paris au terme des onze mois d'exil, avec Fécondité, son dernier roman achevé le 28 mai précédent.

 

EMILE ZOLA DANS LA REVISION ET LE CONSEIL DE GUERRE

 

Le jugement de 1894 est finalement cassé, le capitaine Dreyfus étant renvoyé devant un nouveau Conseil de guerre à Rennes. La première action de Zola est d'écrire à Alfred Dreyfus, un peu après son retour de celui-ci en France métroplitaine, le 30 juin 1899. Dans une lettre de quatre pages, il s'explique sur son léger retard: 

"Capitaine, si je n'ai pas été l'un des premiers, dès votre retour en France, à vous écrire toute ma sympathie, toute mon affection, c'est que je craint que ma lettre ne reste pour vous incompréhensible. Et j'ai voulu attendre que votre admirable frère vous ait vu et vous ait dit notre long combat."

Entre-temps, l'écrivain a pris sa décision. Afin de ne pas hypothéquer les chances de succès au Conseil de guerre de Rennes, Zola n'interviendra pas publiquement. Le procès s'ouvre le 7 août 1899 dans la salle des fêtes du lycée de Rennes. Fernand Labori, l'un des avocats de Dreyfus, est l'objet d'une tentative d'assassinat à Rennes,

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qui l'écarte des débats pendant près d'une semaine. Zola lui apporte plusieurs témoignages d'affection, Labori ayant été son défenseur aux assises. Un verict de culpabilité, avec circonstances atténuanates, est rendu le 9 septembre. Dans L'Aurore du 12 septembre, Zola explose: 

" Je suis dans l'épouvante, (...) la terreur sacrée de l'homme qui voit l'impossible se réaliser, les fleuves remonter vers leurs sources, la terre culbuter sous le soleil. Et ce que je crie, c'est la détresse de notre généreuse et noble France, c'est l'effroi de l'abîme où elle roule."

Le gouvernement décide finalement de gracier Dreyfus, du fait de son état de santé. Le dernier combat de Zola en faveur d'Alfred Dreyfus sera de contester la loi d'amnistie prévue par la Chambre des députés afin d'absoudre l'ensemble des acteurs de l'Affaire.

 

CONSEQUENCE DE L'ENGAGEMENT

 

Les conséquences de l'engagement de Zola ont été à la fois positives et négatives pour l'écrivain. Il apparaît évident que "J'Accuse" a totalement relacé l'affaire, et lui a donné une dimension sociale et politique qu'elle n'avait pas jusqu'alors. Zola sort donc de ses démêlés judiciaires avec une stature de justicier et de défenseur des valeurs de tolérance, justice et vérité pour toute une frange de la population. Mais cet engagement coûte aussi très cher au romancier. Sur le plan financier, tout d'abord, la justice fait saisir ses biens et revend aux enchères. Alors que le dreyfusisme s'exposait d'abord sous un jour immatériel pour les nationalistes anti-dreyfusards, ceux-ci trouvent en Zola leur tête de Turc. Il concentre dès lors toutes les attaques et incarne à lui seul le traître à la patrie et à l'armée. C'est ainsi que dès 1898, l'écrivain est l'objet d'un torrent d'articles satiriques, de caricatures, de chansons et de livrets le traînant dans la boue, l'insultant, le diffamant. Dans certains journaux, il est même l'objet d'attaques quotidiennes.

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Jamais Zola n'a regretté son engagement, quel qu'en été le prix. Il a écrit dans ses notes: " Ma lettre ouverte (" J'accuse...!") est sortie comme un cri. Tout a été calculé par moi, je m'étais fait donner le texte de la loi, je savais ce que je risquais".

 

DERNIER CYCLE (1899-1902)

 

 

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  Malgré la nouvelle condamnation d'Alfred Dreyfus, qui l'affecte profondément, Zola se consacre toujours à l'écriture. Il entame la création d'un nouveau cycle, Les Quatre Evangiles, dont le premier volume, Fécondité est publiée en 1899. Travail suit en 1901 au moment même où disparaît son ami de toujours, Paul Alexis. Vérité paraît à titre posthume. Et Justice ne paraîtra jamais, l'ouvrage étant resté à l'état d'ébauche au moment de la mort de l'écrivain.

L'autre occupation de Zola à l'automne de sa vie, c'est la photographie. Il est fasciné par l'exposition universelle de 1900, qu'il photographie sous toutes les coutures, laissant un impressionnant reportage photographique pour l'histoire.

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Emile Zola a livré un combat pour les honneurs, celui qu'il a mené afin d'intégrer l'Académie française. Jeune, il l'avait qualifiée de " serre d'hivernage pour les médiocrités qui craignent la gelée". Vingt ans plus tard, il pose sa première candidature. Il affirme après son premier échec en 1890, " qu'il reste candidat et sera toujours candidat". Jusqu'à sa dernière candidature le 23 août 1897, qui échoue en 1898, l'écrivain brigue dix-neuf fois le fauteuil d'immortel (vingt-quatre fois selon l'académicien Dominique Fernandez 

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 dans sa réponse au discours de réception de Danièle Sallenave le 29 mars 2012). Le 28 mai 1896, il obtient son record de voix avec seize suffrages alors que la majorité est fixée à dix-sept voix. Comprenant que son engagement dans l'affaire Dreyfus lui ferme définitivement les portes de l'Académie française, il renonce ensuite à se présenter.

 

MORT DE EMILE ZOLA

 

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 Le 29 septembre 1902, de retour de Médan où il avait passé l'été, Emile Zola et son épouse Alexandrine sont intoxiqués dans la nuit, par la combustion lente résiduelle d'un feu couvert, produite par la cheminée de leur chambre dans leur appartement de la rue de Bruxelles (Paris 9è). Lorsque les médecins arrivent sur place, il n'y a plus rien à faire. Emile Zola meurt officiellement à 10h du matin. En revanche son épouse Alexandrine survit.

Cette mort accidentelle, mais étant donné le nombre d'ennemis qu'avait pu se faire Zola (notamment chez les anti-dreyfusards), la thèse de l'assassinat ou de la malveillance ayant mal tourné", n'a jamais été totalement écartée. Après sa mort, une enquête de police est réalisée, mais n'aboutit à aucune conclusion probante.

Le retentissement de la mort d'Emile Zola est immense. La presse se fait l'écho de l'émotion qui gagne la population entière. La presse nationaliste et antisémite exulte, ainsi le journal La Libre Parole titre: Scène naturaliste: Zola meurt d'asphyxie. L'émotion gagne l'étranger où de nombreuses cérémonies ont lieu en mémoire de l'écrivain français, et les presses germanique, britannique, américaine s'en font largement l'écho. L'hommage est international. Lors des obsèques, Anatole France, qui avait insisté pour évoquer toutes les facettes de l'écrivain, y compris ses combats pour la justice, déclare: " Il fut un moment de la conscience humaine". Une délégation de mineurs de Denain accompagne le cortège, scandant "Germinal, Germinal ! "

Les cendres de Zola sont transférées au Panthéon de Paris le 04 juin 1908.

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 A la fin de la cérémonie au Panthéon, un journaliste anti-dreyfusard, Louis Grégori, ouvre le feu avec un révolver sur Alfred Dreyfus, qui n'est légèrement blessés au bras.

Depuis 1985, la maison de Médan est devenue un musée. Chaque année, le premier dimanche d'octobre, un pélerinage est organisé par la Société littéraire des amis d'Emile Zola.

Le minutier central des notaires de Paris, département des Archives nationales, conserve plusieurs actes notariés concernant l'écrivain: son testament, daté du 1er mai 1877 et un codicille (du 18 juillet 1883) déposé chez son notaire parisien le 3 octobre 1902, un acte notarié et un inventaire de ses biens dressé à partir du 20 octobre 1902, actes auxquels s'ajoute la donation effectuée par sa veuve de la propriété de Médan à l'assistance publique (daté du 23 février 1905). Ces documents sont consultables sous la forme de microfilms cotés aux Archives nationales (site de Paris).

 

DU REALISME AU NATURALISME

 

 

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" Notre héros, écrit Zola, n'est plus le pur esprit, l'homme abstrait du XVIIIème siècle. Il est le sujet physiologique de notre science actuelle, un être qui est composé d'organes et qui trempe dans un milieu dont il est pénétré à chaque heure".

Naturalisme: au début du XVIIIème siècle, ce dérivé savant de "naturel" distinguait le système symbolique d'interprétation de phénomènes naturels. L'expression "naturalisme" s'employa plus tard dans le cadre de théories excluant une cause surnaturelles. Au XVIIIème siècle, on utilise aussi ce mot dans le vocabulaire scientifique pour désigner le caractère naturel d'un phénomène. Ce terme tomba en désuétude jusqu'en 1857 au moment de la Revue Moderne publia une critique. Celle-ci qualifia la peinture de Gustave Courbet de naturaliste, dans le sens de "peintre de la nature réaliste".

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 Henri Mitterand distingue deux périodes dans le naturalisme théorique de Zola qu'il situe au carrefour du Romantisme (Jules Michelet et Victor Hugo), dont il a été imprégné par ses lectures de jeunesse, et du Positivisme qu'il a pratiqué à la Librairie Hachette (Taine et Littré). La première époque court de 1866 à 1878 avec un point de départ posé par la publication de Mes haines. Zola s'y veut moderniste, révolutionnaire dans l'âme, en réaction. Il rejette le romantisme démodé "comme un jargon que nous n'entendons plus". Au congrés scientifique de France en 1866, Zola adresse un mémoire qui compare le roman naturaliste à l'épopée.

 

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L'écrivain y affirme que le genre épique est spécifique à la Grèce antique, et ce lien nécessaire entre un genre littéraire et un contexte spécifique donné manifeste clairement un déterminatisme littéraire proche de celui de Taine. Cette démarche critique est ainsi définie par le philosophe: " la race, le milieu, le moment et la faculté maîtresse". Mais Zola se distingue de Taine en affirmant la prédominance du tempérament. C'est la différence principale entre le réalisme de Taine et le naturalisme. Ainsi pour l'écrivain, " une oeuvre d'art est un coin de la création vu au travers un tempérament." (Le Salut public, 26 juillet 1865).

Après 1878, et la lecture de Claude Bernard, Zola, introduit la notion de méthode expérimentale afin que la littérature "obéisse à la l'évolution générale du siècle". Zola applique cette définition à la technique romanesque transformée " en étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous la pression des milieux et des circonstances". Il ne faut toutefois pas voir dans les textes de critiques littéraires de Zola l'exacte clé des thèmes et du style de l'écrivain, même si une relation évidente existe entre l'oeuvre technique et l'oeuvre dramatique.

Le naturalisme consiste donc à la recherche des causes du vice dans l'hérédité. De ce fait, le romancier naturaliste est "observateur et expérimenteur". L'observateur accumule des renseignements sur la société et ses milieux, sur les conditions de vie et d'environnement. Il doit cerner de près la réalité qu'il transpose par un usage serré et acéré du langage. L'expérimentateur joue dès lors son rôle, par la construction d'une trame qui amalgame les faite et construit une mécanique où il enchaîne ces faits par une forme de déterminisme des principes liés au milieu et à l'héridité. Le personnage naturaliste est ainsi la conséquence déterminée de constantes physiques, sociales et biologiques. Le romancier naturaliste a un but moral. Zola écrit: " Nous sommes les juges d'instruction des hommes et de leurs passions, c'est-à-dire des moralistes expérimenteurs".

 

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La littérature naturaliste et une littérature de synthèse du type balzacien et de l'anti-héros flaubertien; qui engendre des personnages vidés d'individualité. La prépondérance de Zola dans le milieu naturaliste et indiscutable et le débat se catalysera d'ailleurs essentiellement autour de lui. L'école naturaliste est le plus souvent appelée Ecole de Médan du nom de la maison appartenant à Zola, où les écrivaians proches du mouvement naturaliste comme le premier Huysmans et Maupassant, avaient l'habitude de se réunir lors des soirées dites de Médan. Le volume collectif de ces soirées paraît deux ans plus tard. En dehors de l'oeuvre zolienne, le naturalisme a donné peu d'oeuvres majeures. C'est ainsi que Stéphane Mallarmé a pu dire: " Pour  en revenir au naturalisme, il me paraît qu'il faut entendre par la littérature d'Emile Zola, et que le mot mourra, en effet, lorsque Zola aura achevé son oeuvre."

 

METHODE DE TRAVAIL ET STYLE

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Pour La Bête Humaine Emile Zola effectue un voyage en locomotive à des fins de documentations

  

Zola se présente comme un écrivain à la fois minutieux et méthodique. Il décrit ainsi sa méthode de travail: "Ma façon de procéder est toujours celle-ci: d'abord je me renseigne par moi-même, par ce que j'ai vu et entendu; ensuite, je me renseigne par les documents écrits, les livres sur la matière, les notes que me donnent mes amis; et enfin l'imagination, l'intuition plutôt, fait le reste. Cette part de l'intuition est chez moi très grande, plus grande, je crois, que vous ne la faites. Comme le disait Flaubert, prendre des notes, c'est être simplement honnête; mais les notes prises, il faut savoir les mépriser."

Zola a toujours insisté sur sa démarche consciente et tranquille qui s'apparente à celle du maçon qui construit sa maison, sans fébrilité. Il veut donner l'image de la quiétude dans l'écriture, avec une construction de premier plan, puis de second plan, une description des personnages précise par l'établissement de fiches pour chacun d'eux. La rédaction du chapitre doit immédiatement suivre. Cependant, cette démarche théorique est quelque peu contredite par l'examen des dossiers de préparation laissés par l'auteur des Rougon-Macquart. En effet, dans le cas de la documentation, plutôt que de réaliser ses recherches dans un premier temps, puis de réaliser la totalité de son travail d'écriture dans un second temps, on constate que Zola se documentait tout au long de la réalisation de ses romans.

Le travail de Zola romancier commence donc par la constitution d'un dossier préparatoire. Sa taille est variable en fonction du roman et du sujet, mais va plutôt en s'accroissant avec le temps. D'une cinquantaine de folios pour la fortune des Rougon, le dossier de Pot-Bouille en atteint 450, pour compter entre 900 et un millier de pages pour Germinal, l'Argent ou La Terre,

 

Plan de la Bourse de Paris de la main de Zola pour son roman L'Argent vers 1890 

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et enfin culminer à près de 1 250 feuilles pour La Débâcle. Le dossier préparatoire est aussi utile au romancier lorsqu'il doit se défendre des attaques assez nombreuses qui lui sont portées quant au sérieux de sa documentation. Zola viserait, à en croire ses contradicteurs, au superficiel et au spectaculaire. Il n'hésite pas, dès lors, à convoquer des journalistes pour leur prouver le sérieux de ses recherches en leur exposant ses dossiers. Zola s'appuie ainsi sur une solide documentation, ainsi que sur des enquêtes pour lesquelles il se déplace dans les régions qu'il veut décrire. Les voyages du romancier vers un lieu précis ont souvent provoqué moqueries et quolibets.

La critique voit, dans ces "mouvements puérils", un manque d'imagination de l'écrivain. C'était en effet très nouveau, dans la seconde moitié du XIXème siècle, que de vouloir coller à la réalité d'aussi près. Mais le romancier souhaite absolument s'imprégner de l'ambiance d'un lieu pour y capter le détail véridique. C'est dans cet esprit qu'il part visiter le Valenciennois pendant une dizaine de jours pour Germinal, ou qu'il produit trois cents pages d'observations sur les Halles pour Le Ventre de Paris, entre autres. Il sélectionne ses observations et les utilise quasiment toutes dans le roman qu'il est en train d'écrire, ainsi qu'un peintre ferait avec son carnet de croquis.

Les dossiers préparatoires de Zola font aussi état de réflexions théoriques sur le roman en cours d'écriture, via une forme de dialogue avec lui-même. L'écrivain prend soin de définir le schéma narratif, la position des personnages dans chaque scènes, le niveau de dramatisation, la véracité de la situation. Il porte une attention toute particulière au rythme de la narration et à l'équilibre de chacun des chapitres.

Brouillons

Zola préparait des brouillons avant d'écrire ses pages définitives. Mais il n'en a légué pratiquement aucun, et comme il travaillait toujours en solitaire, il n'existe aucun témoignage à ce sujet. Quelques bribes d'essais concernant un paragraphe ou une phrase ont été retrouvées, mais rien de systématique. Il est certain que cette étape intermédiaire a été détruite volontairement, comme chez Hugo. Les historiens de la littérature s'interrogent encore sur cette absence et supposent que, peut-être, Zola a cherché à masquer une certaine réalité qui aurait pu nuire à l'édification de son personnage "d'écrivain omniscient".

En revanche,Zola fait de nombreuses retouches après la première publication, en appliquant une méthode originale: comme pratiquement tous ses romans sont parus d'abord sous la forme de feuilletons dans la presse, il découpe la page et y porte directement ses corrections en vue de l'édition en volume. Il a ainsi parfois apporté d'importantes corrections à ce qu'il a considéré comme un premier jet. Il lui est aussi arrivé d'avoir l'idée d'ajouter des personnages nouveaux dans le cycle des Rougon-Macquart, et dans ce cas, il pouvait reprendre un volume déjà paru et le modifier en vue d'une réédition.

STYLE

Dès 1864, Zola a élaboré sa première théorie du style, qu'il expose au moyen de la métaphore des trois écrans: l'écriture est un écran entre l'oeil et le monde, et cet écran peut-être de trois natures différentes, suivant l'esthétique à laquelle l'écriture obéit. De ces trois écrans, le classique, le romantique et le réaliste, il choisit le dernier parce qu'il est celui qui lui semble le moins déformer la réalité: " un simple verre à vitre, très mince, très clair, et qui a la prétention d'être si parfaitement transparent que les images le traversent et se reproduisent ensuite dans toute leur réalité." Cette même exigence de transparence et de clarté dans l'écriture l'amène à refuser "l'écriture artiste", celle des symbolistes notamment, contre lesquels il écrit en 1896 un article dans Le Figaro dans lequel il exprime son désir d'une écriture d'où l' " idée" puisse tranparaître avec une "solidité de diamant dans le cristal de la langue".

Le maître-mot est dès lors la "simplicité dans la langue" contre les excès de la rhétorique et le "déluge de lieux communs, d'images connues, qui fait dire au grand public: " C'est bien écrit". Pour "acquérir un style simple, clair et fort", Zola, dans une préface de 1889, conseille aux jeunes écrivains de se frotter à l'écriture journalistique: l'urgence, la nécessité de la concision, les amèneront à se débarrasser des adjectifs superflus, à ne plus conserver "que le verbe". C'est en effet à ce prix que la langue peut devenir "l'arme scientifique du siècle".

Pour autant, la langue de Zola appelle de ses voeux n'est pas une langue neutre, qui serait l'équivalent, dans le domaine de la littérature, de l'objectivité photographique. Paradoxalement; alors qu'il prend pour modèle de la création romanesque la méthode scientifique, dans la démarche de laquelle la subjectivité de l'observateur est censée n'avoir aucune part, il ne cesse de rappeler l'importance de la personnalité, du tempérament propre du créateur. Le grand style", c'est celui dans lequel s'exprime "l'expression personnelle" de l'artiste. C'est pour cette raison, explique Zola, qu'on peut reprocher à Balzac "

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 ses phrases fâcheuses", "son style est à toujours à lui", et c'est ce qui fait de lui un grand écrivain. Ce style personnel, ce tempérament, on ne peut selon lui ni l'acquérir quand on en est démuni, ni le changer quand on en possède un: le style, " on naît avec, comme on a les cheveux blonds ou bruns".

Zola a par ailleurs donné quelques indications sur la manière dont il écrivait ses phrases, et qui a peu à voir avec l'idée selon laquelle la langue devrait se faire transparente pour ne pas faire obstacle à la manifestation du réel: la construction de celles-ci, explique-t-il, obéirait en effet avant tout aux lois de l' "euphonie".

" J'entends le rythme de la phrase (...) je ne prépare pas la phrase toute faite; je me jette en elle comme on se jette à l'eau, je ne crains pas la phrase; en face d'elle je suis brave, je fonds sur la phrase, j'attaque la phrase, laissant à l'euphonie le soin de l'achever."

Ces paradoxes, ces décalages entre la théorie et la pratique, les silences sur certaines caractéristiques importantes de l'oeuvre romanesque (la transformation du réel par l'irruption de dimensions fantasmatiques et mythiques, notamment) ont pu donner de l'écrivain qu'était Zola une vision tronquée et réductrice qui a souvent été utilisée par les adversaires du naturalisme. Henri Mitterand a ainsi pu écrire qu' " il faut défendre Emile Zola contre lui-même aussi bien que contre ses critiques".

Contre lui même, parce qu'il a donné de ses méthodes de travail une description inexacte à force de raideur logique...".

 

OEUVRES DE JEUNESSE ET PREMIERES PUBLICATIONS

 

L'itinéraire littéraire d'Emile Zola est initialement marqué par une hésitation. Poésie? Théâtre? Roman? Essai? L'homme tergiverse. La poésie l'attire, il en a beaucoup écrit, il est même remarqué chez Hachette après avoir livré un poème. Mais il n'y a aucun parti à en tirer à court terme. Le théâtre permet d'accéder vite à la notoriété et à la fortune. Le jeune homme s'y essaye, aidé de rencontres dans le petit monde des auteurs dramatiques, sans succès. La Laide, conte moral inspiré de Milton, et Madeleine sont refusés. Les Mystères de Marseille, un roman-feuilleton épique qui avait paru un peu plus tôt, est adapté pour le théâtre avec Marius Roux, mais la pièce ne vit que le temps de quelques représentations.

 

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Son premier ouvrage publié est un recueil de contes. Les contes à Ninon, dont la substance a pour origine des textes écrits dès 1859. Il était souffrant lorsqu'il a écrit cet ouvrage. Le Zola de vingt ans s'y exprime, déjà avec talent, sous une forme facile à publier dans la presse, et dont l'administration impériale est friande. Les contes sont tout d'abord publiés dans La Revue du Mois, feuille littéraire et artistique de Géry Legrand,

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que Zola avait connu comme collaborateur dans la presse lilloise. Le volume imprimé par l'éditeur Pierre Jules Hetzel paraît à mille cinq cents exemplaires en novembre 1864.

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C'est au plus un succès d'estime, mais Zola a pu faire jouer ses relations et obtient plus de cent articles dans la presse en trois mois.

Le 31 janvier 1866, Emile Zola décide de démissionner de la Librairie Hachette et de ne plus vivre que de sa plume. La dispersion du jeune homme, les publications des Contes de Ninon et surtout, de son roman à dominante autobiographique La Confession de Claude, semblent avoir joué un rôle prépondérant dans ce qu'il est convenu d'appeler une séparation amiable. La confession de Claude est achevé à la fin de l'été 1865, publiée chez Lacroix à quinze-cents exemplaires à la mi-novembre. C'est un roman écrit en réaction contre la mode du rachat " de la femme perdue", où Zola évoque déjà des thèmes récurrents dans son oeuvre comme la peur de la souillure et de la déchéance, ou encore l'attrait maléfique de la Femme. La censure, très active sous le Second Empire, s'interresse immédiatement à ce premier roman, sans lui trouver matière à poursuites. Mais on lui reproche déjà la "crudité de l'obsrvation", " le cynisme du détail", et son appartenance à une "école réaliste", prompte à " analyser de honteuses passions".

Dans le courant de l'année 1866, Zola parvient à contribuer régulièrement à L'Evénement. Il y propose son deuxième roman, Le Voeu d'une morte, qui paraît en feuilleton du 11 au 26 septembre. Devant la faiblesse des livraisons, Villemessant, le directeur du journal,

 

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interrompt la publication à la fin de la première partie. La seconde partie, pourtant prévue, ne sera jamais écrite. " On trouve cela très pâle, bien écrit, de bons sentiments, mais embêtant. Vite, vite, arrêtez les frais", écrit-il à Zola fin septembre 1866. Le roman complété des Esquisses parisiennes est publié en novembre 1866. A l'occasion de la réédition chez Charpentier en 1889, le roman est totalement revu par l'écrivain. Le naufrage est évité par quelques belles pages de description parisiennes, de souvenirs bien sentis et par l'expression d'un thème majeur chez Zola: la perversion par l'argent.

Vivre de sa plume, vite dit ! Ces deux premiers romans ne lui rapportent rien d'autres qu'une certaine estime, et la situation matérielle de Zola en reste au point mort. Le journaliste sauve toutefois le romancier pendant ces années sèches. Mais le succès littéraire approche.

Avec Thérèse Raquin, l'entreprise se dessine. Première grande oeuvre à succès de Zola, le roman illustre la théorie des tempéraments, le déséquilibre entre le sang et la personnalité.

 

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Le romancier a d'abord livré une nouvelle publiée dans Le Figaro du 24 décembre 1866, intitulée Dans Paris Un mariage d'amour. Il s'agit plus d'une trame, dans laquelle les éléments principaux du roman à venir sont encore absents. Il propose ensuite au directeur de la Revue du XIXème siècle, Arsène Houssaye,

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le développement de cette nouvelle en un roman de six chapitres. Ce sont finalement trois livraisons qui sont publiées en août, septembre et octobre 1867 dans L'Artiste sous le titre Un mariage d'amour. Pour la publication en volumes, Zola décide de changer le titre en Thérèse Raquin, le nom de l'héroïne du roman, s'inspirant ainsi de Madame Bovary de Flaubert et Germinie Lacerteux des Goncourt, dont l'influence est forte au-delà des seuls titres de roman.Le volume est édité par Lacroix, mis en vente en novembre 1867, tiré à quinze-cents exemplaires et réimprimé dès avril 1868. La réception du roman est variée. Il marque véritablement le début de la carrière d'écrivain de Zola.

Mais la polémique et la passion vont rapidement faire rage. Zola répond aux accusations de "pornographie" dans la préface de la seconde édition du roman, texte précieux puisque l'auteur s'y dévoile et emploie pour la première fois le concept de "roman naturaliste". Louis Ulbach, sous le pseudonyme de Ferragus,

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parle de "littérature putride (...) d'une flaque de boue et de sang (...) qui s'inspire directement du choléra, son maître, et qui fait jaillir le pus de la conscience". Hippolyte Taine,

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dont Zola se considère comme le disciple, offre un regard bienveillant à l'auteur de Thérèse Raquin. Il lui écrit: "Vous avez fait une oeuvre puissante, pleine d'énergie, de logique, et très morale; il vous reste à en faire une autre qui embrasse plus d'objets et ouvre plus d'horizons." Zola va rapidement s'y employer en concevant un monument littéraire: Les Rougon-Macquart. La voie de la littérature s'ouvre enfin à lui. Il vient d'avoir 27 ans.

 

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" Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d'oeil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres. L'hérédité a ses lois, comme la pesanteur."

 

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A partir de 1868, Emile Zola conçoit un projet qui était déjà en germe depuis quelques temps: L'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. Il envisage une fresque romanesque traversant toute la période, du Coup d'Etat du 2 décembre 1851 à la défaite de Sedan en 1870.

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 L'idée lui vient d'abord de sa passion pour Honoré de Balzac

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 et de cette oeuvre immensément variée, à laquelle Taine avait consacré un article très remarqué. Cet article va influencer l'oeuvre de Zola de manière déterminante. La bibliothèque nationale conserve d'ailleurs un texte contemporain de l'initialisation des Rougon-Macquart intitulé: " Différences entre Balzac et moi"

 

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dans lequel le jeune écrivain exprime sa volonté de bien se distinguer de son prédécesseur:

"Balzac dit que l'idée de sa Comédie lui est venue d'une comparaison entre l'humanité et l'animalité. (Un type unique transformé par les milieux (G.St Hilaire): comme il y a des lion, des chiens, des loups, il y a des artistes, des administrateurs, des avocats, etc.). Mais Honoré de Balzac, fait remarquer que sa zoologie humaine devait être plus compliquée, devait avoir une triple forme: les hommes, les femmes et les choses. L'idée de réunir tous ses romans par la réapparition des personnages lui vint (...)

Mon oeuvre sera moins sociale que scientifique (...)

Mon oeuvre, à moi, sera tout autre chose. Le cadre en sera plus restreint. Je ne veux pas peindre la société contemporaine, mais une seule famille, en montrant le jeu de la race modifiée par les milieux (...).

Honoré de Balzac dit qu'il veut peindre les hommes, les femmes et les choses. Moi, des hommes et des femmes, je ne fais qu'un, en admettant cependant les différences de nature et je soumets les hommes et les femmes aux choses."

- Emile Zola, Différences entre Balzac et moi, 1869.

A la différence de La Comédie humaine, rassemblée en une oeuvre compilée sur le tard, les Rougon-Macquart est, dès avant le départ de l'oeuvre, un projet conscient, déterminé, réfléchi. Les travaux du docteur Lucas, dont son traité sur l'hérédité, sont une autre source de l'oeuvre à venir. Les Rougon-Macquart sont ainsi la rencontre de Balzac avec la science de ce milieu du XIX ème siècle, principalement illustrée par la physiologie.

Initialement prévu en dix volumes, le cycle évolue pour en compter successivement douze, puis quinze, puis enfin, le succès venant, vingt tomes. Il est pensé dans le détail avec une ossature précise dès l'origine, dotée d'une vision ensembliste et systématique. Ce plan décrit les personnages, les grands thèmes de chaque ouvrage (l'argent, le monde ouvrier, l'armée), le lieu de l'action (Provence ou Paris). Zola ne cache pas non plus le côté rémunérateur de l'opération. Assurer la stabilité de sa vie matérielle est l'une de ses obsessions, après ses difficiles années de vaches maigres.

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 Zola a conservé à l'esprit toutes les ficelles de l'édition moderne, apprises chez Hachette, dont la publication en série: il a compris que chacun y gagne, l'éditeur comme le romancier. Mais Zola se sent aussi à un tournant littéraire après la publication de ses quatre premiers romans. Il prend conscience d'être arrivé aux limites d'un modèle. Si le naturalisme veut survivre comme nouveau genre littéraire, il ne doit pas se laisser enfermer dans les limites étroites imposées par ses premiers essais. Il a parfaitement assimilé les leçons que lui ont faites Taine et Sainte-Beuve sur ses premières oeuvres, en termes d'équilibre et de vérité. L'initialisation des Rougon-Macquart marque donc un changement complet de stratégie dans l'oeuvre naissante du romancier.

 

Cycle construit sur l'outil hérédité

Le cycle repose sur l'histoire d'une famille issue de deux branches: Les Rougon, la famille légitime, petits commerçants et petite bourgeoisie de province; et les Macquart, la branche bâtarde, paysans, braconniers et contrebandiers, qui font face à un problème général d'alcoolisme. Cette famille est originaire d'Aix-en-Provence - qui deviendra Plassans dans la série de romans. Les Rougon-Macquart met en scène une descendance s'étendant sur cinq générations. Certains membres de cette famille vont atteindre des sommets de la société d'Empire, alors que d'autres vont sombrer, victimes d'échecs sociaux et de leur hérédité. Il s'agit donc d'une entreprise de dévoilement du corps social, mais aussi du corps humain dans ses recoins les plus sombres. Zola veut montrer comment se transmet et se transforme, dans une même famille, une tare génétique; ce qui implique l'usage d'une généalogie que le romancier ne cessera de perfectionner au fil de l'élaboration de son oeuvre. Ainsi, une relation directe entre chaque personnage existe de roman en roman, trait absent des oeuvres précédentes.

C'est par Emile Deschanel 

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que Zola apprend l'existence des travaux des aliénistes Bénédict Augustin Morel et Joseph Moreau

                    Benedict-Augustin_Morel_(1809–1873)                 

                      à propos de l'hérédité, vue sous un angle morbide. L'écrivain n'a de cesse de compléter ses connaissances sur ce sujet au point qu'on peut considérer qu'il a fait passer dans les Rougon-Macquart " à peu près l'état contemporain du savoir". Au contraire de Balzac, Zola se sert de l'hérédité comme un outil, fil conducteur de son cycle, qui lui permet une classification scientifique de ses romans.

 

Production constante et méthodique 

 

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L'écriture de cette série constitue la principale préoccupation de l'écrivain pendant les vingt-cinq années suivantes. Avec une régularité à toute épreuve, Zola écrit trois à cinq pages par jour, ce qui représente chaque année un roman de deux volumes. Il fait paraître six romans entre 1871 et 1876 avec La Fortune des Rougon, La curée, Le Ventre de Paris, La conquête de Plassans, La Faute de l'abbé Mouret et Son Excellence Eugène Rougon. Mais ce n'est pas encore le succès attendu. Il est évidemment reconnu en tant que romancier, mais pas au niveau qu'il souhaite.

Ferme dans son projet, l'écrivain s'attèle à l'écriture de son grand roman "sur le peuple, ayant l'odeur du peuple", L'Assommoir, qu'il publie en 1877 chez Georges Charpentier. Il y décrit, tel un reportage, les drames de la classe ouvrière, au travers de ses misères et des ravages de l'alcool. C'est un texte dans lequel il met beaucoup de lui-même, s'inspirant de sa vie passée et de ses expériences dans les quartiers populaires. Le roman a un retentissement considérable qui amène enfin la gloire attendue, mais aussi le scandale. La description de la réalité froide de l'alcoolisme, "monstrueusement détaillée" par un auteur instruit par une documentation précise, soulève et indigne une critique presque unanime. A droite, les accusations sont, comme d'habitude, de trivialité et de pornographie, mais à gauche on lui reproche de "salir le peuple". Les attaques contre Emile Zola sont nombreuses et violentes si bien que la parution du roman dans Le Bien Public, journal républicain, est interrompue au chapitre VI. Mais le roman a un succès immense qui amène enfin au romancier l'aisance matérielle à laquelle il aspirait. Plusieurs de ses amis s'éloignent de lui à ce moment là, par peur du scandale, mais aussi parfois, par jalousie.

Zola poursuit imperturbablement la production de son cycle, en publiant Une page d'amour en 1878, puis Nana en 1879. C'est à nouveau un scandale puisque l'oeuvre porte sur les demi-mondaines et leurs frasques. Gustave Flaubert admire ce

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 talent à multiples facettes et félicite une fois de plus Zola. Ses adversaires l'accusent à nouveau d'être un écrivain "pornographiques" de par son "goût du sordide et du détail cru". Mais le public s'arrache les exemplaires de Nana qui devient un immense succès de librairie en France et à l'étranger. Toujours constant dans l'effort, Emile Zola publie de 1882 à 1884 cinq nouveaux romans: Pot-Bouille, Au Bonheur des Dames, La joie de vivre, Germinal et hors le cycle des Rougon-Macquart, Naïs Micoulin.

Germinal, le roman sur les "gueules noires" et la grève, paraît en 1885. C'est très certainement le roman le plus travaillé, le plus préparé et documenté de Zola. Le romancier s'est déplacé dans le bassin houiller de Valenciennes, dans le nord de la France, à Anzin.Gil_Blas_-_Germinal (1)

  

Zola choisit le Nord plutôt que Saint-Etienne, sur les conseils du député Alfred Giard

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 qui le guidera dans la région. Sa visite de huit jours, en pleine grève des douze mille mineurs du carreau d'Anzin, transforme totalement sa vision du monde des "ouvriers de l'industrie". Il n'a pas hésité à descendre au fond de la mine, en février 1884, où il discute avec les mineurs, les cadres et ingénieurs, du personnel divers. Il assiste à des réunions syndicales, entre les maisons, les cafés, tous les lieux de convivialité, observe la détermination, le calme et la discipline des grévistes. Il est aussi témoin du drame social, "la débauche des filles qui ne marient qu'au deuxième ou troisième enfant", la prostitution, le jeu, l'alcoolisme. Le livre est un immense succès alors que les ennemis de l'écriavain, de moins en moins nombreux, sont bien forcés à une reconnaissance de son immense talent.

Il publie en 1890 un nouveau chef-d'oeuvre: La Bête Humaine.

En 1891, L'Argent a comme toile de fond le monde de la Bourse, de la finance et de la spéculation sous le Second Empire. La Débâcle (1892) est un roman historique qui est consacré à la guerre de 1870, en particulier à la Bataille de Sedan, et à la Commune de Paris. Il apporte à l'auteur son plus grand succès de librairie.

 Un autre dossier " à travers l'histoire " sur l'anarchiste Louise Michel 

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Zola achève le cycle des Rougon-Macquart sur une note optimiste en publiant Le Docteur Pascal en 1893.

 

APRES LES ROUGON-MACQUART

L'achèvement des Rougon-Macquart approchant, Emile Zola a changé. Le contraste est fort entre une reconnaissance internationale inégalée et une hostilité générale en France, exprimée par des attaques continues et le refus obstiné de la voir entrer à l'Académie française. Il s'interroge sur son activité littéraire:

" L'avenir appartiendra à celui ou à ceux qui auront saisi l'âme de la société moderne, qui, se dégageant de théories trop rigoureuses, consentiront à une acceptation plus logique, plus attendrie de la vie. Je crois à une peinture de la vérité plus large, plus complexe, à une ouverture plus grande sur l'humanité, à une sorte de classicisme du naturalisme."

 

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       Anatole France et Maurice Barrès          

 

Cette évolution est dans l'air du temps, avec un "néonaturalisme" illustré par les productions d'Anatole France et de Maurice Barrès qui connaissent une évolution vers le roman à thèse.

Voilà ! Bonne lecture

 

 

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J'espère que ce nouveau dossier " à travers l'histoire " sur l'écrivain Emile Zola vous aura séduit.

 

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Quiche aux trois saveurs (tomate, courgette, mozzarella)

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Cuisses de grenouilles à la provençale

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Cassoulet traditionnel de Castelnaudary

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Soupe de poissons Sétoise avec sa sauce rouille et ses croûtons

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 La Tielle Sétoise

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Bon appétit !  

 

 

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