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 Coucou tout le monde

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chez moi pour une nouvelle page d'histoire avec la reine Catherine de Médicis que j'aimerais vous faire découvrir ou re-découvrir, je vous emmène au coeur du 16ème siècle.

Avec son enfance à Florence (en Italie), la mort trop tôt de ses parents, de son mariage avec le roi Henri II, de ses enfants, des guerres de religion et néanmoins son rôle dans le massacre de la Saint-Barthélemy .

 

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Un dossier à la fin de mon billet sur la Révolution française gastronomique apportée par la reine Catherine de Médicis.

 

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 Catherine de Médicis

née Caterina Maria Romola di Lorenzo de' Medici

(1519 -1589)

Fille de Laurent de Médicis (1492-1519), duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (1495-1519), elle grandit en Italie d'où elle est originaire par son père. 

Laurent de médicis et Madeleine de la Tour d'Auvergne

 A la mort de ses parents, elle hérite du titre de duchesse d'Urbino, puis de celui de comtesse d'Auvergne à la mort de sa tante Anne d'Auvergne en 1524.

 

LA JEUNESSE DE CATHERINE

 

Catherine de Médicis à l'âge de 17 ans tableau peint par Corneille de Lyon 

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 Née à Florence, le 13 avril 1519, Catherine de Médicis

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 se retrouve très rapidement orpheline, puisque ses parents meurent quelques jours après sa naissance, aussi est-elle prise en charge par sa grand-mère Alphonsina Orsini puis elle est placée sous la tutelle des vieilles tantes de sa famille, Clarice de Médicis et Maria Salviati.

Clarice et maria

 Elle devient l'unique héritière de la fortune des Médicis

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 et prend le titre de duchesse d'Urbino, ce qui lui vaut le surnom de duchessina (la petite duchesse) de la part des Florentins. Les Médicis ont joué un rôle important durant l'enfance de Catherine. Elle bénéficie de la protection de son oncle le pape Léon X, puis surtout de celle de Clément VII, 

Clément VII et Léon X

 un de ses cousins, élu pape en 1523 et qui la loge dans son Palazzo Medici-Riccardi.

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L'enfance de Catherine dans la ville de Florence est perturbée par la guerre que se livrent Clément VII et l'empereur Charles Quint. 

Charles Quint et Clément VII

 Les républicains florentins profitent de la défaite du pape et du désordre qui règne à Rome pour se révolter contre les Médicis et prendre le contrôle de la ville. En 1529, Catherine est prise en otage par les républicains qui menacent de la violer et de la tuer quand les troupes de l'empereur du Saint-Empire romain germanique mettent en place le siège de la ville. En 1529, Catherine n'a alors que 10 ans et restera toute sa vie marquée par la cruauté politique de ce conflit. Pour la protéger, on la place dans différents couvents (couvent de Sainte-Lucie al Prato, puis le couvent de Sainte-Marie des Emmurées...) où par souci de sécurité, on lui fait prendre l'habit de nonne. Une fois la ville de Florence soumise au pouvoir du pape et de l'empereur, Catherine est emmenée à Rome au vatican où désormais elle va grandir auprès de Clément VII;

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Placée sous la protection directe du pape, elle y reçoit une éducation très soignée. Elle bénéfécie ainsi d'une culture raffinée, imprégnée d'humanisme et de néoplatonisme. Elle quitte l'Italie en 1533, lorsque le pape fait alliance avec le roi de France, François 1er,

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qui prévoit de la marier à l'un de ses fils cadets, Henri, alors duc d'Orléans,

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afin de contrecarrer l'influence à Rome de Charles Quint. En tant qu'unique héritière de la branche aînée des Médicis (famille dominant alors Florence) et avec un oncle pape (à la tête des Etats pontificaux), Catherine est, en effet, un parti utile pour François 1er dans le contexte des Guerres d'Italie. Néanmoins, seules les filles d'empereurs ou de rois étant considérées comme dignes de devenir Reine de France, on préfère attendre un meilleur parti pour le dauphin François III de Bretagne

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et plutôt marier Catherine, d'origine roturière que son physique disgracieux est censé rappeler, au jeune frère du dauphin, Henri, non destiné à régner.

 

LA DAUPHINE DE FRANCE 

 

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 Catherine quitte Florence le 1er septembre 1533 et rejoint la France à bord de la galère du pape. Elle apporte avec elle une dot de 100 000 écus d'argent et 28 000 écus de bijoux, ce qui lui vaudra de la part des courtisans persifleurs les surnoms de " la Banquière" ou " la fille des Marchands". Il avait été convenu dans le contrat que le pape procurerait une dot assez importante pour combler le trou des finances royales.

 

Le mariage de Henri II et de Catherine de Médicis

 

Mariage de Catherine et de Henri II

Le mariage a lieu à Marseille le 28 octobre 1533 en présence du pape venu s'entretenir avec le roi et lui remettre personnellement la main de Catherine, le contrat de mariage étant signé après le traité d'alliance qui prévoit que le pape aide le roi François 1er à reconquérir le duché de Milan 

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 et de Gênes en échange du mariage. Après le bal de mariage, le couple se rend dans la chambre nuptiale remplir ses devoirs conjugaux, suivi par le roi qui reste présent jusqu'à la consommation du mariage. Le pape s'y rend dès le lendemain pour trouver les deux jeunes mariés "contents l'un de l'autre" et est rassuré, Catherine n'étant plus répudiable. S'ensuivent des festivités somptueuses qui durent plusieurs semaines.

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 L'alliance avec la papauté ne procure finalement pas à la France les effets escomptés du fait de la mort de Clément VII, survenue l'année suivante. Le pape Paul III 

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rompt le traité d'alliance et refuse de payer la dot à François 1er qui se lamente en ces termes: " J'ai eu la fille toute nue". Au début de son mariage, Catherine n'occupe que peu de place à la Cour, bien qu'elle y soit appréciée pour sa gentillesse et son intelligence. Elle n'a pas quinze ans, ne parle pas bien le français et son jeune mari est plus interressé par son amie et confidente Diane de Poitiers.

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Le 10 août 1536, le destin de Catherine bascule. Le fils aîné de François 1er, le dauphin François, meurt soudainement,

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faisant de l'époux de Catherine l'héritier du trône. Catherine devient dauphine de Viennois et duchesse titulaire de Bretagne (1536-1547). Elle prend progressivement sa place à la Cour.

Mais Catherine et Henri n'ont toujours pas d'héritier (ils mettront dix ans à en avoir un). 

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Pour Catherine, la menace de répudation plane dès 1538. Mais elle reçoit l'appui inattendu de Diane de Poitiers, sa propre cousine et celle d'Henri. Elle laisse Henri arborer partout les couleurs de Diane.

Remarquée pour son intelligence, Catherine est appréciée par le roi, son beau-père. Partageant avec sa belle-soeur Marguerite de France

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un goût pour les arts et les lettres, Catherine devient son amie. Avec la reine de Navarre Marguerite d'Angoulême,

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elle participe à l'élévation culturelle de la cour, notamment par des compositions littéraires. C'est à cette époque que Catherine choisit son propre emblème: l'écharpe d'Iris (l'arc-en-ciel).

Alors qu'elle craint de plus en plus d'être répudiée, elle accouche finalement en janvier 1544 d'un héritier: François, futur François II de France. Sa naissance, suivie l'année suivante par celle d'une fille, baptisée Elisabeth,

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conforte la position de Catherine à la cour. A la mort de François 1er le 31 03 1547, Henri d'Orléans (futur Henri II)

 

Henri d'Orléans peint par Corneille de Lyon 

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 monte sur le trône sous le nom d'Henri II et Catherine devient reine de France.

 

LA REINE DE FRANCE et La MORT DE HENRI II

 

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Catherine de Médicis vers 1555

 

Le 10 juin 1549, Catherine est officiellement sacrée reine de France à la basilique Saint-Denis

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Le rôle qui lui est conféré à la cour est celui de procréer. En l'espace d'une quinzaine d'années, Catherine mettra au monde dix enfants, dont sept survécurent. Les difficultés de l'accouchement de jumelles en 1557 mirent un terme à ces maternités successives. 

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Dans sa maison, Catherine réunit autour d'elle une cour où elle place de nombreux compatriotes italiens. Elle reste très attentive à la politique italienne de la France et protège les opposants au grand-duc Cosme 1er de Toscane

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qui se sont exilés dans le royaume. Elle incite Henri II à confier des responsabilités militaires et administratives à ces italiens qui préfèrent servir la France plutôt que l'empereur. parmi ces hommes se trouvent Gabriel Simeoni, le jeune Gondi

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  (qui deviendra l'un des conseillers les plus influents de la reine dans les années 1570) et les cousins de Catherine, les frères Pierre et Léon Strozzi qui s'illustrent au service du roi durant les guerres d'Italie.

Pierre et Léon Strozzi

A l'avènement d'Henri II, Catherine doit souffrir la présence de la favorite royale Diane de Poitiers. Bien que par respect pour elle, le roi lui cache ses infidélités, elle doit accepter que sa rivale prenne une place importante à la cour. Diane de Poitiers exerce une influence importante sur le roi et reçoit en contrepartie de nombreuses responsabilités. Elle obtient ainsi la charge de l'éducation des enfants royaux et le titre de duchesse de Valentinois. Catherine souffre de cette situation en silence. Dans le fameux duel (le coup de Jarnac) qui oppose La Châtaigneraie et Jarnac, Catherine prend le parti du second, celui de la duchesse d'Etampes, l'ennemie jurée de Diane.

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Catherine obtient des responsabilités quand le roi reprend la guerre en 1552 contre Charles Quint et s'absente pour mener les opérations dans l'est du royaume. Catherine est nommée régente et avec l'aide du connétable Anne de Montmorency, elle assure l'approvisionnement et le renforcement des armées. Elle intervient également en 1557, après le désastre de Saint-Quentin. Elle est envoyée par le roi demander à la ville de Paris l'argent nécessaire pour poursuivre la campagne. Enfin, Catherine ne manque pas de désapprouver ouvertement la paix signée les 2 et 3 avril 1559 au Cateau-Cambrésis

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qui fait perdre l'essentiel des possessions italiennes à la France et met un terme à sa politique d'ingérence en Italie. Elle marque par là son opposition au connétable et son rapprochement avec le clan des Guise.

Le traité est suivi par des festivités au cours desquelles des mariages princiers doivent venir renforcer les alliances politiques tout juste conclues. Alors, que sa seconde fille, Claude de France, a épousé le duc Claude_of_Valois1   

 Charles III de en février,

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sa fille aînée Elisabeth épouse le roi Philippe II d'Espagne

Elisabeth de Valois et Philippe II d'Espagne

et sa belle-soeur Marguerite épouse le duc Emmanuel-Philibert de Savoie:

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 le premier mariage est célébré par procuration à Notre-Dame de Paris le 22 juin, tandis que le second à lieu le 10 juillet alors que le roi est sur son lit de mort. Celui-ci a en effet été blessé à la tête le 30 juin par le capitaine de sa garde écossaise, Gabriel de Montgommery,

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lors d'un tournoi donné à l'occasion des noces, et meurt après plusieurs jours d'agonie ce même 10 juillet.

 

 

LE REGNE DE FRANCOIS II

 

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Le deuil de la reine 

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Lorsque son fils François monte sur le trône, Catherine de Médicis lui recommande de confier les rênes du gouvernement à la famille de son épouse: les Guises. Issus de la maison de Lorraine et apparentés à la famille royale, les Guise sont riches et puissants. Ils ont su se faire une place de première importance à la cour et leur soeur Marie de Guise, la mère de la nouvelle reine, est régente d'Ecosse pour sa fille. 

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Catherine les soutient et approuve la mise à l'écart opérée par eux, du connétable et de Diane de Poitiers. Elle-même intervient dans la redistribution des faveurs royales en échangeant avec l'ancienne favorite le château de Chenonceau contre celui de Chaumont. 

Chenonceau et chaumont

 Par l'ascendant qu'elle exerce sur le jeune roi, Catherine joue un rôle central au sein du conseil royal, mais profondément atteinte par la mort de son époux, elle reste en retrait par rapport aux Guise qui détiennent la réalité du pouvoir.

Les contemporains ont souligné la douleur extrême manifestée par la reine à la mort du roi. Pour marquer son chagrin, Catherine choisit de ne plus s'abiller qu'en noir (alors que le deuil se marquait traditionnellement en blanc) et arbore désormais un voile qu'elle ne quittera plus. La souffrance qu'entraîne chez elle le souvenir de son défunt époux, la pousse même à ne pas assister au sacre de son fils le 18 septembre 1559. Catherine change son emblème: la lance brisée, avec la devise: " de là viennent mes larmes et ma douleur".

 

Le problème protestant

 

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François II et Marie Stuart dans le livre d'heures de Catherine de Médicis

 

Le règne de François II est marqué par la montée des violences religieuses. Jusqu'à présent Henri II avait réprimé très sévèrement le protestantisme. La mort de ce dernier encourage les protestants à réclamer la liberté de conscience et celle du culte. Bien que leur chef Calvin condamne la violence, une minorité de réformés veulent en découdre par la force. 

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Devant la menace grandissante, les Guise sont favorables à une politique de répression. A la mort de son époux, Catherine de Médicis était considérée par certaines autorités protestantes comme une personne ouverte d'esprit et sensible à l'injustice.

Sous l'influence de ses amies les plus proches, attirées par la réforme protestante (la princesse Marguerite, la duchesse Jacqueline de Montpensier et la vicomtesse Louise d'Uzès), 

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 et prenant conscience elle-même de l'inutilité de la répression, elle entame dès la mort du roi un dialogue avec les protestants. Elle se disait prête à accepter leur présence à la condition qu'ils restent discrets et qu'ils ne s'assemblent pas (et ainsi éviter l'agitation dans la population). Progressivement, elle devient face aux Guise le plus ferme soutien des partisans de la tolérance civile (appelés aussi moyenneurs).

Catherine demeurait toutefois étrangère à la religion nouvelle. Heurtée par l'injonction des prédicateurs, elle approuvait pleinement la sanction des fauteurs de trouble. Touchée personnellement par des pamphlets injurieux déposés chez elle lors de la conjuration d'Amboise, elle appuie la répression par les Guise des rebelles huguenots qui avaient attaqué la résidence royale. 

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L'entrée en scène de Catherine de Médicis

 

L'empleur du mécontentement provoqué par les Guise au printemps 1560 obligeait ces derniers à céder davantage de pouvoir à Catherine de Médicis. Jusqu'alors réservée et marquée par la douleur du deuil, la reine-mère prend davantage part aux affaires. La montée du parti modérateur accroît son influence politique et le parti de la répression est contraint de l'écouter davantage. Elle s'entoure de conseillers modérés favorables à la Réforme et favorise leurs idées au sein du conseil royal. Parmi eux se trouvent des hommes d'Eglise comme Jean de Morvillier, 

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Jean de Monmuc (suspecté par Rome de protestantisme) ou encore Paul de Foix (qui avait été arrêté par le roi l'année précédente avec Anne de Bourg).

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En juin, elle permet au juriste Michel de L'Hospital, opposant à la répression, d'être nommé chancelier de France.

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En août, elle parvient à réunir à Fontainebleau une assemblée de notables pour discuter des problèmes du royaume et appuie malgré l'hostilité du pape, la tenue d'un concile national pour réformer l'Eglise de France.

 

Le règne de Charles IX 

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Le frère cadet du roi monte sur le trône sous le nom de Charles IX. Comme il n'a que 10 ans et qu'il est encore mineur, Catherine de Médicis est déclarée régente. Face aux troubles religieux, elle met en place avec le soutien de conseillers modérés une politique de conciliation. L'échec de sa politique la conduit toutefois à durcir à plusieurs reprises sa position à l'égard des protestants.

 

Une politique de conciliation

Catherine de Médicis est inspirée par deux courants: l'érasmisme, orienté vers une politique de paix, et le néoplatonisme, qui prône la mission divine du souverain pour faire régner l'harmonie dans son royaume. L'émergence de Catherine de Médicis et de Michel de L'Hospital sur la scène politique induit un relâchement de la pression sur les réformés. Ceux-ci dévoilent au grand jour leur foi et la cour installée au Château de Saint-Germain voit l'arrivée en grand nombre des "schismatiques". 

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Pour améliorer le sort de ses sujets prêts à s'entredéchirer, Catherine de Médicis multiplie les tractations et les assemblées de décision. Dès décembre 1560, des Etats généraux regroupant les trois ordres de la société s'étaient tenus à Orléans. Ils siègent de nouveau durant l'été 1561. Enfin au mois de septembre de cette même année se tient le Colloque de Poissy destiné à réconcilier la religion catholique et la religion protestante. En agissant ainsi, Catherine de Médicis se met à dos le pape Pie IV et les catholiques intransigeants, mais elle est très optimiste sur l'évolution de la situation. 

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Pour finir, le 17 janvier 1562, Catherine de Médicis promulgue l'Edit de janvier, qui constitue une véritable révolution, puisqu'il remet en cause le lien sacré entre unité religieuse et pérennité de l'organisation politique. L'Edit de janvier autorise en effet la liberté de conscience et la liberté de culte pour les protestants, à condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte dont ils s'étaient emparés. Cet édit fait partie de la politique de concorde voulue par Catherine de Médicis et Michel de L'Hospital. Pour eux, les réformés ne sont pas la cause du mal qui s'est abattu sur la terre mais ils sont un agent de conversion que dieu a envoyé pour éveiller l'humanité à la conscience de son pêché. Pour elle, la mission des dirigeants politiques consiste avant tout à briser le cycle des violences qui ravageaient le royaume.

Mais l'Edit de janvier échoue à cause des antagonismes trop forts qui opposent protestants et catholiques. Un triumvirat composé des trois anciens favoris d'Henri il s'oppose à la politique de tolérance de la reine-mère. Antoine de Bourbon, roi de Navarre choisit le camp des catholiques. 

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 La position de la régente est difficile. Elle espère un soutien de la part du prince de Condé, le chef des protestants.

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Entre guerre et paix 

 

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 La reine refuse dans un premier temps la marche à la guerre que provoque en mars 1562 le massacre de Wassy.

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 Elle se tient à l'écart des deux partis, jusqu'à ce que par un coup de force, François de Guise l'oblige à se placer sous sa protection.

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 Le 31 mars il débarque à Fontainebleau où se trouve la famille royale et la contraint à le suivre à Paris. Durant les mois de mai et de juin, Catherine tente encore de provoquer des rencontres entre les belligérants, mais finit par se résigner à la guerre devant la résolution des chefs militaires à en découdre.

Pendant plusieurs mois, elle intervient activement dans l'organisation logistique pour défaire les protestants. Elle se déplace également personnellement au siège de Rouen. La mort et l'emprisonnement des principaux chefs de guerre lui permet finalement de ramener la paix. Tout en prenant ses distances avec les Guise, elle accorde aux huguenots la paix d'Amboise en mars 1563. L'édit prévoit déjà une certaine liberté de culte dans les maisons seigneuriales et dans les villes. En août 1563, Charles IX devient majeur. Catherine abandonne la régence, mais Charles IX la confirme immédiatement dans ses pouvoirs. Pour Catherine, l'heure est à la reconstruction, car la guerre civile a entraîné de très grandes destructions.

Les grandes fêtes de Fontainebleau marquent le départ du "Tour de France" qu'entreprend la famille royale à partir de 1564. Pendant 28 mois, la reine parcourt la France pour montrer le roi à son peuple, faire oublier les dissensions religieuses et imposer ses édits de paix. Son but est également de provoquer la rencontre des chefs d'Etat européens et de relancer un nouveau concile. La reine n'avait pas accepté que lors du concile de Trente, les protestants n'aient pas été invités. Le voyage est une succession d'entrées royales. Il se termine le 1er mai 1566 à Moulins.

Après quatre années de paix, le conflit religieux reprend. En 1567, le prince de Condé tente de s'emparer du roi par surprise. C'est la "surprise de Meaux": Charles IX et Catherine se réfugient à Paris, stupéfaits de la trahison du chef des protestants. Catherine impute au chancelier L'Hospital l'échec de la politique de tolérance civile et le renvoie en mai 1568. Le pouvoir royal décide d'en finir avec les rebelles et de terribles guerres s'ensuivent, ruinant le pays.

Les deux armées arrivent à bout de force en 1570. Catherine pousse les protestants à accepter la paix de Saint-Germain-en-Laye, qui leur accorde une liberté de culte très limitée.

 

Le massacre de la Saint-Barthélémy 

 

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 Pour concrétiser une paix durable entre les deux partis religieux, Catherine tente d'organiser le mariage de sa fille, Marguerite avec le prince protestant Bourbon Henri de Navarre.

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Après la consécration des Espagnols à la bataille de Lépante,

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 Catherine se rapproche des puissances protestantes en établissant une alliance avec Elisabeth d'Angleterre avec qui elle aimerait marier l'un de ses fils, et en promettant à Louis de Nassau le soutien de la France aux révoltés des Pays-Bas.

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La mort, en juin 1572, de la reine de Navarre Jeanne d'Albret, une importante rivale politique du côté protestant, l'arrange.

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Elle doit encore contrer l'influence, auprès de Charles IX, de l'Amiral Gaspard II de Coligny: ce chef militaire des protestants veut que la France intervienne directement contre l'Espagne dans la guerre aux Pays-Bas, ce que Catherine veut éviter à tout prix.

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A la suite de l'attentat manqué contre Coligny le 22 août 1572, Catherine semble avoir opté sur le conseil de certains membres de son entourage de convaincre le roi à faire tuer les principaux chefs huguenots montés à Paris pour les noces. Le massacre de la Saint-Barthélémy, commence dans la nuit du 23 au 24 août 1572. En dépit des ordres du roi et de sa mère pour l'arrêter, il s'étend les jours suivants avec l'aide du peuple excité par quelques prédicateurs catholiques à tous les protestants parisiens, puis les mois suivants en province. Il fait plusieurs milliers de victimes.

Le massacre de la Saint-Barthélémy a suscité un important débat historiographique. Des thèses historiques contradictoires se sont longtemps affrontées sur la responsabilité de la reine dans ce massacre. Aujourd'hui, les historiens n'estiment plus que le massacre ait pu être prémédité. Face à une situation explosive, la reine et le roi ont décidé de prendre une décision exceptionnelle.

Ce massacre, qui fait plusieurs milliers de victimes à Paris puis en Province, pèsera lourd sur la popularité de Catherine chez les protestants et dans l'Histoire. Catherine prend le parti de rompre avec sa politique de concorde et fait contraindre les protestants à revenir à la religion catholique. Deux ans plus tard, Charles IX meurt d'une pleurésie.

 

L'ACTION ARTISTIQUE

 

Une politique culturelle au service de la monarchie

Catherine de Médicis poursuit la politique culturelle que son beau-père François 1er avait inaugurée. La cour de Catherine de Médicis est une succession de fêtes, de bals et de jeux. En février-mars 1564, la reine-mère organise dans le parc du château de Fontainebleau les plus somptueuses fêtes que le royaume ait jamais connues. 

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 Tout comme l'avait fait François 1er au camp du Drap d'Or, Catherine veut éblouir ses sujets. Elle s'entoure de femmes ravissantes qui attirent à la cour les hommes et les amènent à abandonner le parti de la guerre pour celui de la paix. Des ballets et des spectacles mythologiques mettent en scène la politique de tolérance de la reine ainsi que la gloire de la France et de la maison royale. Les enfants de Catherine participent aux danses et se travestissent dans des spectacles qui soulignent l'unité de la famille royale.

Catherine de Médicis utilisait la beauté des arts et des fêtes pour faire oublier la guerre aux hommes et n'hésitait pas à s'entourer d'un "escadron volant"- des jeunes femmes séduisantes- pour apaiser leur caractère belliqueux. Si elle encourageait les festivités et laissait la mode suivre son cours, la reine-mère s'est toujours montrée rigoureuse sur la moralité de sa cour et surveillait la vertu de ses filles d'honneurs. Lorsque l'une d'entre elles, Isabelle de Limeuil, fut mise enceinte par le prince de Condé (1564), le scandale provoqué lui attira les foudres de la reine-mère qui la chassa improprement.

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Elle rédige en 1564 une lettre pour son fils "pour la police de la Cour et pour le gouvernement", série de conseils qui établit l'emploi du temps d'un roi et la manière de s'occuper de sa cour.

Excellente cavalière, on lui attribue parfois l'importation en France de la manière de monter en amazone. Elle a imposé le corset et le caleçon lors des promenades à cheval aux dames de sa cour.

 

LE MECENAT

Héritière des goûts des Médicis pour les arts, Catherine de Médicis est considérée comme l'une des plus grands mécènes du XVIè siècle français. Elle aimait s'entourer d'artistes, de poètes, d'hommes de lettres et de musiciens qu'elle faisait venir à la cour et pensionnait à son propre service, ce qu'aucune reine de France n'avait fait jusqu'alors. Sa politique de mise en scène de la monarchie se doublait d'une véritable passion pour les arts. Elle s'interressait aussi bien à l'orfèvrerie et à la musique qu'à la peinture et l'architecture. Catherine de Médicis portait également un intérêt particulier pour le portrait français et multipliait le nombre de portraitistes à son service, parmi lesquelles se tenaient François Clouet 

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et les frères Dumonstier. A sa mort, sa collection de portraits comprenait entre 600 et 700 dessins, aujourd'hui éparpillés dans le monde.

Catherine protégeait également les hommes de lettres comme Montaigne ou Ronsard. 

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Elle portait un soin à privilégier les artistes français, au lieu de faire appel à des artistes italiens comme il était d'usage chez les rois de France depuis le début de la Renaissance.

Aujourd'hui, il ne reste plus grand chose de ses somptueuses collections. De son vivant, les visiteurs de marque pouvaient venir les admirer dans son grand palais parisien, mais accaparées en partie par la Ligue à sa mort, elles sont aujourd'hui ou disparues ou dispersées.

Catherine a également mis en place une politique de construction et des transformations architecturales: elle fait édifier non loin du Louvre le palais des Tuileries par Philibert Delorme 

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et fait agrandir le château de Chenonceau

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Son plus grand chantier est celui de somptueux mausolées des Valois à Saint-Denis, construit à l'antique sous forme d'une rotonde qui tranchait radicalement avec le style médiéval de la basilique. Aujourd'hui disparu, ce monument élevé à la gloire des derniers Valois devait contenir tous les gisants de ses enfants disposés autour du monument dédié à elle et à son époux. On y trouvait les trois gisants du couple royal dont ceux réalisés par le Primatice et Germain Pilon. 

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Excepté le château de Chenonceau, il ne reste rien de ses nombreux chantiers de construction. Le palais des Tuileries, le luxueux hôtel de la reine, la chapelle des Valois à Saint-Denis et les châteaux de Montceaux et de Saint-Maur qu'elle appréciait beaucoup, ont tous disparu.

 

LE REGNE DE HENRI III

 

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 A l'âge de 23 ans, le duc d'Anjou, quatrième fils de Catherine, succède à son frère sous le nom de Henri III. Connu pour être le fils préféré, et sans doute le plus intelligent, le nouveau roi entend gouverner par lui-même. Catherine continue d'exercer le pouvoir, mais elle ne peut plus agir sans le consentement du roi.

 

La redistribution des pouvoirs

 

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 Comme le roi se trouve en Pologne quand meurt Charles IX, Catherine est déclarée régente par le parlement. Elle assure l'intérim du pouvoir et jusqu'au retour du roi en septembre 1574, elle tente de combattre les troubles qui paralysent le royaume. Elle se réjouit de la capture de Montgomery, l'homme qui avait accidentellement tué son mari et qui depuis combattait dans le camp réformé. Elle encourage la justice à procéder à son exécution qui a lieu le 26 juin 1574. Pendant son retour, le roi a commencé à répartir les postes publics aux membres de son entourage. Inquiète de voir lui échapper le contrôle du pouvoir, Catherine se déplace à sa rencontre et descend avec la cour jusqu'à Lyon. Elle entre en opposition avec son fils sur la distribution des dignités de la cour. Si elle parvient à maintenir auprès du roi certains de ses fidèles comme le comte de Retz, 

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elle laisse le roi réorganiser l'étiquette à sa guise. C'est une période tendue pour Catherine qui se remet mal de la mort de sa fille Claude , 

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et qui entretient pendant quelques mois des rapports difficiles avec la nouvelle reine Louise de Lorraine que son fils épouse en février 1575. 

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Catherine doit également accepter que son fils la décharge du pouvoir. Contrairement à son prédécesseur, le roi entend régner par lui-même. Catherine de Médicis s'attriste quelque temps de se voir privée du pouvoir par son fils préféré.

Catherine est également hostile aux favoris du roi qui restreignent l'accès au souverain et prônent parfois une politique contraire à la sienne. Elle contribue notamment à la chute de Bellegarde (fin 1574). A la même époque, elle fait construire par Jean Bullant, 

Bullant 

non loin de l'église Saint-Eustache un hôtel particulier dans lequel elle s'installera en 1584. De ce palais qui fut un lieu de la cour très prisé pendant les années 1580, il ne reste aujourd'hui que la grande colonne astrologique, près de l'actuelle bourse de commerce. 

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L'INLASSABLE NEGOCIATRICE 

 

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Catherine de Médicis vers ses 65 ans

 

Sous le règne d'Henri III, Catherine demeure plus active que jamais au sein du gouvernement. Sa présence à la cour est particulièrement utile pour raccommoder le roi avec François d'Alençon, son fils cadet, victime des calomnies répandues par les mignons de la cour. Elle n'hésite pas à poursuivre son jeune fils et à le ramener à la raison quand il s'enfuit et prend les armes en 1576.

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 Médiatrice hors norme, elle interveint surtout pour gérer les affaires diplomatiques. C'est elle qui mène les négociations et parcourt le royaume pour faire respecter les édits de paix et l'autorité du roi. En 1578, elle entame un nouveau tour de France au cours duquel elle rencontre son gendre Henri de Navarre devenu l'un des chefs protestants et le remet avec sa fille Marguerite avec qui il s'était brouillé. En dépit de ses rhumatismes, Catherine continue son voyage en litière et à dos de mule. Se privant la plupart du temps de confort, elle traverse des régions aux mains des rebelles comme le Languedoc et le Dauphiné, où elle rencontre les chefs protestants. Toujours portée par son optimisme, elle espère même rejoindre son fils François en Angleterre pour arranger son mariage avec la reine Elisabeth 1ère. A la fin de sa tournée, en 1579, Catherine se félicite d'avoir rétabli l'entente dans sa famille.

Dans les années 1580, elle intervient personnellement dans la succession au trône du Portugal (ici un joli billet sur Isabelle de Portugal et de sa gastronomie) 

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et envoie une expédition navale pour aider les Portugais à reconquérir leur pays envahi par le roi d'Espagne. En dépit de ses réticences, elle finit par soutenir les projets de son fils François pour devenir le souverain des Pays-Bas.

A l'approche de ses soixante-dix ans, elle n'hésite pas à payer de sa personne. En 1585, elle part dans l'est rappeler les Guise à l'ordre. En 1586, elle entame dans le sud-ouest des négociations avec son gendre Henri, roi de Navarre. Enfin lors de la Journées des Barricades (1588), elle n'a pas peur d'affronter la rebellion parisienne, en parcourant les rues de Paris à pied et en se frayant un chemin parmi les barricades. Par son combat, envers et contre tous, pour la concorde, Catherine de Médicis est devenue aux yeux de ses contemporains une personne hors du commun qui impose le respect. Cependant, son entêtement à se battre inutilement pour une cause qui semble perdue la discrédite aux yeux de ceux de ses sujets qui veulent en découdre avec leurs adversaires.

 

ECHEC ET FIN DE VIE

 

La fin de la vie de Catherine est marquée par les préparatifs de mariage de sa petite-fille Christine de Lorraine

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qu'elle élevait depuis la mort de la duchesse de Lorraine sa mère (1575). Ses derniers mois sont assombris par la montée en puissance de la Ligue Catholique qui, à l'occasion de la journée des barricades, prend possession de la ville de Paris. 

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Prisonnière dans la ville, Catherine se fait l'intermédiaire du duc de Guise pour le réconcilier avec le roi, ce qu'elle croit avoir réussi, lorsqu'ils se retrouvent à Chartres. Catherine entreprend ensuite son ultime voyage lorsque la cour se rend à Blois pour la réunion des Etats généraux. A l'arrivée de l'hiver, Catherine prend froid. Alitée en décembre 1588, sa santé se dégrade rapidement avec l'assassinat du duc de Guise qui l'inquiète d'autant plus que le roi ne l'avait pas avertie. Quelques jours plus tard, le 5 janvier 1589, elle meurt d'une pleurésie, entourée de l'amour des siens, mais complètement abattue par la ruine de sa famille et de sa politique.

Comme la basilique Saint-Denis est aux mains des ligueurs, elle ne peut être enterrée dans le somptueux tombeau qu'elle y avait fait édifier pour sa famille. Sa dépouille n'y sera mise que vingt-deux ans plus tard, et au XVIIIème siècle son monument sera détruit. 

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Notons une anecdote célèbre au sujet de sa mort: une quinzaine d'années auparavant, vers 1571, son astrologue Côme Ruggierri 

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lui aurait prédit qu'elle mourrait "près de Saint-Germain". Catherine de Médicis, très superstitieuse, s'éloigna alors de tous les endroits rappelant de près ou de loin "Saint-Germain", pensant ainsi échapper à la funeste prédiction. Ainsi, par exemple, elle fit interrompre la construction du Palais des Tuileries

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dépendant de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois et s'installa précipitamment en 1572 dans ce qui allait devenir l'Hôtel de la Reine. Mais le destin la ratrappa, et sur son lit de mort, lorsqu'elle demanda son nom au confesseur appelé auprès d'elle pour lui porter l'extrême-onction, celui-ci répondit: Julien de Saint-Germain.

 

LA LEGENDE NOIRE DE CATHERINE DE MEDICIS

La personnalité de Catherine de Médicis est difficile à saisir parce qu'une légende noire est depuis toujours associée à son image. D'un tempérament optimiste et d'une grandeur d'âme particulièrement clairvoyante, Catherine de Médicis est devenue dans la mémoire collective l'incarnation de la noirceur, du machiavélisme et du despotisme.

Cette désinformation historique est restée intacte du fait que les historiens ont eux-mêmes véhiculé cette image sans souci d'objectivité. Il a fallu attendre la seconde moitié du XXè siècle pour que l'historiographie traditionnelle de la reine soit alors remise en question, en particulier grâce à des historiens contemporains comme Garisson, Bourgeon, Jouanna, Crouzet, Sutherland et Knecht.

Dès l'époque des guerres de Religion, les catholiques et les protestants ont rallié la politique de tolérance de la reine-mère. Un véritable travail de propagande dressé contre les Valois a véhiculé une image erronée de la reine. La mort du dernier des Valois en 1589 n'a pas permis sa réhabilitation. Au XVIIè siècle, on oublie que le travail accompli par Henri IV (un  dossier sur lui)  puis par Richelieu n'est que la politique de Catherine de Médicis. 

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Au XVIIIè siècle, les philosophes critiquent la monarchie absolue et la sage politique de la reine n'est désormais perçue que comme un despotisme oppressant et arbitraire. Sous la Révolution, le temps est à la dénonciation des rois et les révolutionnaires comme Marat 220px-Jean-Paul_Marat_portre

reprennent les légendes parfois sordides qui couraient à son sujet pour vilipender la monarchie. C'est la Révolution française qui donne à la légende noire de Catherine de Médicis son aspect définitif. Au XIXè siècle, l'école républicaine et la tradition populaire pérennisent cette légende désormais rendue populaire par les romans historiques comme La Reine Margot de l'écrivain Alexandre Dumas (un dossier sur lui)Alexandre_Dumas_1 

En revanche, Honoré_de_Balzac_(1842)   Honoré de Balzac, (un dossier sur lui aussi), dans son introduction sur Catherine de Médicis, la décrit

comme "une femme extraordinaire", qui " a sauvé la couronne de France" en déployant " les plus rares qualités, les plus précieux dons de l'homme d'état".

 

LA LEGENDE DE CATHERINE

 

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Catherine de Médicis devant la porte du Louvre 

La légende noire de Catherine de Médicis entretenue jusqu'au milieu du XXè siècle fait d'elle une femme dominatrice qui cherche à accaparer le pouvoir, une adepte du machiavélisme qui n'hésite pas à utiliser les moyens les plus extrêmes, une italienne qui laisse des étrangers (Gondi, Birague ...) gouverner la France et enfin une femme acariâtre, dévorée de jalousie.

Quand Catherine devient régente de France, elle gouverne pour ses enfants qui sont trop jeunes pour régner par eux-mêmes. Face aux différents partis religieux et politiques qui tentent d'accaparer le pouvoir en faisant pression sur elle, Catherine essaye de rester ferme pour éviter l'effondrement du pouvoir royal. C'est de là qu'est née la légende d'une reine arriviste et despotique. En tant que reine mère, elle souhaite préserver l'héritage royal de ses enfants. Les catholiques lui reprochaient d'accorder trop de liberté aux protestants, les protestants de ne pas en accorder assez. Prise entre ces deux partis antagonistes, Catherine de Médicis a tenté tant bien que mal de maintenir sa politique d'union nationale autour du trône. 

Les allégations selon lesquelles elle aurait fait empoisonner la reine de Navarre Jeanne d'Albret puis, involontairement, son fils Charles IX, sont l'oeuvre de deux romanciers (Michel Zévacopour la première et Alexandre Dumas pour la seconde) et ne reposent sur aucun élément tangible. Les romanciers et le cinéma sont en grande partie responsables de cette légende noire de la reine-mère. Dans La Princesse de Clèves, film tourné en 1961, Catherine de Médicis utilise des nains espions et fait tomber ses ennemis dans des trappes qui donnent sur des profondes oubliettes. L'iconographie la représente parfois devant les cadavres des huguenots massacrés dans la cour du Louvre. 

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Les adversaires de Catherine lui reprochaient de louvoyer entre les partis et même de créer la discorde pour mieux régner. En réalité, Catherine de Médicis se méfiait de tous les partis et elle passa sa vie à tous les rabaisser pour n'en mettre en valeur qu'un seul, celui du roi. C'est la décrépitude du pouvoir royal et la faiblesse de ses moyens qui obligeaient Catherine de Médicis à s'appuyer sur tel ou tel parti.

Catherine était comme une étrangère par beaucoup, il est vrai qu'elle avait un accent italien assez marqué. Quand elle est arrivé en France pour épouser le duc d'Orléans, elle savait à peine parler le français. Mais la reine s'est toujours considérée comme française. Elle a effectivement introduit à la cour et au pouvoir certains de ses familiers d'origines italiennes comme les Gondi et les Birague. Mais la plupart avaient grandi en France et possédaient une culture et une intelligence raffinée, et ils eurent le plus souvent à se mettre au service de leur pays d'adoption.

Les écrivains ont tendance à réduire le personnage de Catherine à sa haine pour Diane de Poitiers, maîtresse âgée de son mari. Il est vrai que Catherine n'avait guère de sympathie pour celle qu'elle appelait la putain du roi.

 

 

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J'espère que ce nouveau dossier au coeur du 16ème siècle avec la reine Catherine de Médicis vous aura fait voyager.

à très vite pour d'autres découvertes !!!

 

 

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LA REVOLUTION GASTRONOMIQUE FRANCAISE

 

Une tradition populaire plus ou moins légendaire veut qu'elle soit venue d'Italie accompagnée d'une quarantaine de cuisiniers et qu'elle aurait introduit lors du banquet de son mariage le sabayon ainsi que les sorbets "Tutti Frutti". Selon une autre tradition, ce serait Jean Pastilla, l'un de ses trois pâtissiers confiseurs, qui répand en France la mode de la pastille à base de gomme arabique et du sirop de sucre. Des macarons italiens et de la ganache.

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Venue d'Italie Catherine de Médicis aurait introduit à la cour de France des légumes inconnus jusqu'alors, les artichauts, les brocolis ou les petits pois et selon les traditions populaires, elle serait aussi à l'origine de la diffusion des asperges, des tomates.

 

Quelques unes de mes recettes

 

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Gratin de brocolis au jambon cru

Gratin de brocolis au poulet en sauce béchamel

 

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Coeurs d'artichauts farcis à l'Italienne

 

Asperges blanches gratinées en sauce Mornay

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Quiche aux asperges blanches, tomates sur une crème de thon moutardée

Des sauces en "pagaille" pour les asperges

 

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Tomates farcies à la Parisienne

Tomates farcies au tapioca julienne

Paniers de tomates mimosa au crabe et crevettes roses

Bon appétit !

 

Légumes verts introduits par Catherine de Médicis

 

 

ICI MON DOSSIER GASTRONOMIQUE ITALIEN

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