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Coucou tout le monde

voici la deuxième partie de mon dossier " à travers l'histoire" du célèbre écrivain Honoré de Balzac ...

 

LES FEMMES AUTOUR DE LUI

 

Mal aimé par sa mère Laure de Salambier épouse Balzac,

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qui lui préférait son jeune frère Henry Balzac " a toujours cherché l'amour fou, la femme à la fois ange et courtisane, maternelle et soumise, dominatrice et dominée, grande dame et complice". De petite taille et doté d'une tendance à l'embonpoint, il n'était pas spécialement séduisant, mais il avait un regard d'une force extraordinaire, qui impressionnait, comme le confirment de nombreux témoignages, notamment celui de Théophile Gautier:

" Quand aux yeux, il n'en exista jamais de pareils. Ils avaient une vie, une lumière, un magnétisme inconcevables. Malgré les veilles de chaque nuit, la sclérotique en était pure, limpide, blauâtre, comme celle d'un enfant ou d'une vierge, et enchâssait deux diamants noirs qu'éclairaient par instants de riches reflets d'or: c'étaient des yeux à faire baisser la prunelle aux aigles, à lire à travers les murs et les poitrines, à foudroyer une bête fauve furieuse, des yeux de souverain, de voyant, de dompteur."

Si Balzac attire les femmes, c'est d'abord parcequ'il les décrit dans ses romans avec une grande finesse psychologique. Comme le note un de ses contemporains: " Le grand, l'immense succès de Balzac lui est venu par les femmes: elles ont adoré en lui l'homme qui a su avec éloquence, par de l'ingéniosité encore plus que par la vérité, prolonger indéfiniment chez elles l'âge d'aimer et surtout celui d'être aimées. " Une caricature le montre porté en triomphe par des femmes de trente ans.

En dépit de son inimitié viscérale pour le romancier , Sainte-Beuve confirme le succès que celui-ci rencontre auprès du public féminin et en explique l'origine: " M. de Balzac sait beaucoup de choses des femmes, leurs secrets sensibles ou sensuels; il leur pose, en ses récits, des questions hardies, familières, équivalentes à des privautés. C'est comme un docteur encore jeune qui a une entrée dans la ruelle et dans l'alcôve (...)."

Dans son Avant-propos, Balzac reproche à Walter Scott 

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l'absence de diversité dans ses portraits de femmes et attribue cette faiblesse à son éthique protestante: " Dans le protestantisme, il n'y a plus rien de possible pour la femme après la faute; tandis que dans l'église catholique l'espoir du pardon la rend sublime. Aussi n'existe-t-il qu'une seule femme pour l'écrivain protestant, tandis que l'écrivain catholique trouve une femme nouvelle dans chaque nouvelle situation."

Ce sont souvent les femmes qui ont fait le premier pas vers le romancier, en lui écrivant une lettre ou en lui lançant une invitation. C'est le cas, notamment, de Caroline Landrière des Bordes, baronne Deurbroucq, riche veuve qu'il rencontre au château de Méré, chez le banquier Goüin, et qu'il eut brièvement le projet d'épouser en 1832. Dans le cas de Louise, qui se présente anonymement comme " une des femmes les plus élégantes de la société actuelle", le contact qu'elle a pris en 1836 est resté purement épistolaire et s'est arrêté après un an sans que son identité lui ait jamais été révélée. Une autre admiratrice, Hélène Marie-Félicité de Valette, qui se présente comme "bretonne et célibataire", mais qui en fait était veuve et avait un amant, lui écrit après avoir lu Beatrix en feuilleton, et l'accompagnera dans un voyage en Bretagne, en avril 1841. 

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LAURE DE BERNY 

 

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En 1821; alors qu'il est de retour chez ses parents à Villeparisis, Balzac entre en relation avec Mme de Berny. Quoique son prénom usuel soit Antoinette, Balzac l'appellera toujours par son deuxième prénom, Laure, qui est aussi celui de sa soeur, ou la désigne comme la Dilecta (la bien-aimée). Celle-ci, qui est alors âgée de 45 ans, a neuf enfants, parmi lesquels quatre filles, dont Julie, issue d'une liaison avec André Campi, ayant duré seize ans, de 1799 à 1815. Encore belle, dotée d'une grande sensibilité et d'une expérience du monde, elle éblouit le jeune homme, qui en devient l'amant en 1822, préférant la mère à sa fille Julie qu'elle lui proposait d'épouser. Laure lui tient lieu d'amante et de mère et forme l'écrivain. Elle l'encourage, le conseille, lui prodigue sa tendresse et lui fait apprécier le goût et les moeurs de l'Ancien Régime. Elle lui apporte aussi une aide financière substantielle lorsqu'il a des problèmes d'argent et qu'il est poursuivi par les huissiers. Il lui gardera une reconnaissance durable. A sa mort, en 1836, Balzac écrit: " Mme de Berny a été comme un dieu pour moi. Elle a été une mère, une amie, une famille, un ami, un conseil; elle a fait l'écrivain". Leur correspondance ayant presque entièrement été détruite, seules quelques rares lettres témoignent aujourd'hui de la jalousie qu'elle éprouva lors des liaisons subséquentes de son amant, mais sans jamais lui en tenir rigueur.

Balzac s'en inspire pour créer le personnage de Madame de Mortsauf, héroïne du Lys dans la vallée, et lui dédie d'ailleurs l'ouvrage. Elle a aussi des points en commun avec le personnage de Flavie Colleville des Petits Bourgeois. Stefan Zweig la reconnaît aussi dans la description de l'héroïne de Madame Firmiani: " Sa raillerie caresse et sa critique ne blesse point... elle ne vous fatigue jamais, et vous laisse satisfait d'elle et de vous. Chez elle, tout flatte la vue, et vous y respirez comme l'air d'une patrie ... Cette femme est naturelle. Franche, elle sait n'offenser aucun amour-propre; elle accepte les hommes comme Dieu les a faits ... A la fois tendre et gaie, elle oblige avant de consoler. "

 

ZULMA CARRAUD

 

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Zulma Carraud était une amie d'enfance de sa soeur Laure. Cette " femme de haute valeur morale, stoïcienne virile " vivait à Issoudun, était mariée et avait des enfants. Balzac la connaît depuis 1818, mais leur amitié ne se noue que lors de l'installation de sa soeur à Versailles, en 1824. Leur correspondance aurait commencé dès cette date, mais les premières années en ont été perdues. Dans ses lettres, Zulma se révèle une des amies les plus intimes et les plus constantes de l'écrivain. C'est chez elle qu'il se réfugie quand il est malade, découragé, surmené ou poursuivi par ses créanciers. Elle lui rappelle l'idéal républicain et l'invite à plus d'empathie pour les souffrances du peuple. Quoique n'étant pas elle même très riche, elle vole sans relâche à son secours. Elle est parmi les femmes qui ont joué un grand rôlr dans sa vie.

 

LA DUCHESSE D' ABRANTES

 

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En 1825, il commence une autre liaison avec la duchesse d'Abrantès. Cette femme, qui a 15 ans de plus que lui, le fascine par ses relations et son expérience du monde. Veuve du général Junot, qui avait été élévé au rang de duc par Napoléon, elle a connu les fastes de l'Empire avant de fréquenter les milieux royalistes. elle a été l'amante du comte de Metternich. Ruinée et forcée de vendre ses bijoux et son mobilier, elle s'installe modestement à Versailles. C'est par une amie de sa soeur, qui vivait aussi à Versailles, que Balzac fait sa connaissance. Il est séduit, mais elle ne lui offre d'abord que son amitié, qui se transforme peu après en amour partagé.

Balzac vers 1825

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Quoiqu'elle se prénomme Laure, Balzac ne l'appellera jamais que Marie. Elle lui donne des renseignements sur la vie dans les châteaux et les personnalités qu'elle a côtoyées. De son côté, il lui conseille d'écrire ses mémoires et lui tient lieu de conseiller et de correcteur littéraire.

La duchesse d'Abrantès a servi de modèle à la fois à la Vicomtesse de Beauséant dans la Femme abandonnée, ouvrage qui lui est dédié, et à la duchesse de Carigliano dans la Maison du chat-qui-pelote, ainsi qu'à certains traits de Félicité des Touches. Balzac rédige La Maison à Maffliers, près de L'Isle-Adam en 1829, alors que la duchesse d'Abrantès séjourne chez les Talleyrand-Périgord non loin de là.

 

AURORE DUDEVANT / GEORGE SAND

( un dossier "à travers l'histoire" sur mon blog de George Sand )

 

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En 1831, Balzac fait la connaissance d'Aurore Dudevant venue tenter sa chance à Paris et fuir son mari. Il lui fait lire La Peau de chagrin et cet ouvrage suscite son enthousiasme.

En février 1838, il va retrouver " le camarade George Sand " dans son château de Nohant. Aux cours des six jours qu'il y est resté, ils passent les nuits à bavarder, de " 5 heures du soir après le dîner jusqu'à 5 heures du matin". Elle lui fait fumer " un houka et du lataki ". Rendant compte de cette expérience, il espère que le tabac lui permettra de " quitter le café et de varier les excitants dont j'ai besoin pour le travail ".

Par la suite, il continue à la renconter dans le salon qu'elle tient à Paris, où elle vit en couple avec Chopin. Ils échangent sur des question de structure romanesque ou de psychologie des personnages et elle lui donne parfois des suggestions d'intrigues qu'elle ne pouvait pas traiter elle-même, notamment Les Galériens et Béatrix ou les Amours forcés. Il est aussi arrivé qu'elle signe un récit de Balzac que ce dernier ne pouvait pas faire accepter par son éditeur parce qu'il y en avait déjà trop de sa plume dans un même recueil. Balzac lui dédie les Mémoires de deux jeunes mariées.

De l'aveu même de l'auteur, elle a servi de modèle, dans Béatrix, au portrait de Félicité des Touches, un des rares portraits de femme qu'il ait faits conformes à la réalités. Dans une lettre à Mme Hanska, il nie toutefois qu'il y ait eu autre chose que de l'amitié dans sa relation avec l'écrivaine.

 

OLYMPE PELISSIER

 

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Dès 1831, Balzac fréquente le salon d'Olympe Pélissier, " Belle courtisane intelligente " qui fut la maîtresse d'Euène Sue avant d'épouser Rossini en 1847. Il a avec elle une brève liaison.

Les personnages de demi-mondaines qui traversent La Comédie humaine, telles Florine et Tullia, lui doivent beaucoup. La scène de chambre de La Peau de chagrin aurait été jouée par Balzac lui-même chez Olympe, mais celle-ci ne ressemble en rien à Foedora, et elle aura toujours avce lui des rapports amicaux et bienveillants. Ce dernier continuera à fréquenter son salon. Quant à la Foedora de la nouvelle, Balzac précise dans une lettre: " J'ai fait Foedora de deux femmes que j'ai connues sans être dans leur intimité. L'observation m'a suffi outre quelques confidences.

 

LA DUCHESSE DE CASTRIES

Au début de l'année 1832, parmi les nombreuses lettres qui lui viennent de ses admiratrices, Balzac en reçoit une de la duchesse de Castries, belle rousse au front élevé, qui tient un salon littéraire et dont l'oncle est le chef du parti légitimiste. Immédiatement interressé, Balzac va lui rendre visite et lui offre des feuillets manuscrits de La Femme de trente ans, dont elle est en fait le modèle, au physique et au moral. En amoureux transi, il se rend à son château d'Aix-les-Bains, où il passe plusieurs jours à écrire tout en faisant la connaissance du baron James de Rothschild, avec qui il noue une relation durable. Il l'accompagne ensuite à Génève en octobre de la même année, mais rentre dépité de ne pas voir ses sentiments partagés et va se faire réconforter auprès de la dilecta.

Il témoigne de cette déception amoureuse dans La Duchesse de Langeais : « Elle avait reçu de la nature les qualités nécessaires pour jouer les rôles de coquette […] Elle faisait voir qu'il y avait en elle une noble courtisane […] Elle paraissait devoir être la plus délicieuse des maîtresses en déposant son corset. » On l'a également reconnue dans le personnage de Diane de Maufrigneuse. Mme de Castries, qui avait du sang britannique, inspirera aussi en partie le personnage de lady Arabelle Dudley du Lys dans la vallée. Balzac lui dédie L'illustre Gaudissart, une pochade qu’elle juge indigne de son rang, alors qu'elle est « un des plus anciens blasons du faubourg Saint-Germain  ». Il continue toutefois à la voir de façon sporadique et c'est sans doute grâce à elle qu'il peut avoir une entrevue avec Metternich.

 

Article en cours de finition 

 

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