dumas_h620[1]

 

Bonjour tout le monde

 

Me revoici avec un nouveau "dossier" à travers l'histoire ! 

Connaissez-vous bien l'illustre écrivain Alexandre Dumas (père) ?

Après vous avoir parlé du peintre Emile Vernon, de Sissi impératrice d'Autriche de George Sand la romancière et du bon "Roi Henri IV " il y a peu de temps et que vous avez d'ailleurs beaucoup apprécié, j'aimerais vous parler cette fois-ci, de l'écrivain Alexandre Dumas (père), de sa famille, de ses ouvrages, de ses nombreuses maîtresses, oui! oui! et de ses "nombreux" enfants.

Mais aussi de l'épicurien insatiable qu'il était ! 

 

 

091018073828453904662716[1]

 

 

 

ALEXANDRE DUMAS (Père)

Ecrivain, dramaturge, journaliste, grand voyageur, critique d'art et fin gourmet...

(1802-1870)

 

Alexandre Dumas "dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts 'Aisne) et mort le 05 décembre 1870 à Puys, près de Dieppe (Seine-Maritime).

Il est le fils du général d'armée Thomas Alexandre Davy de la PAILLETERIE , dit le général Dumas,

Scan0151

  

mûlatre de Saint-Domingue, premier général de l'armée française ayant des origines afro-antillaises et fait une brillante carrière pendant la Révolution française, et de sa mère Marie Louise Elisabeth Labouret, fille de Claude Labouret, aubergiste à L'Ecu d'or à Villers-Cotterêts, commune où la maison natale est visible au 46 de l'ancienne rue Lormet rebaptisée Alexandre Dumas.

 

Scan0152

 

" Je suis lié à Villers-Cotterêts, petite ville du département de l'Aisne, située sur la route de Paris à Laon,

à deux cents pas de la rue de la Noue, où mourut Charles-Albert Demoustier, à deux lieues de la Ferté-Milon, où naquit Racine, et à sept lieues de Château-Thierry, où naquit La Fontaine.

 

Maison natale de Villers Cotterêts 

Maisondumas[2]

  

L'enfant à pour marraine sa soeur, Aimée-Alexandrine Dumas (son aînée de neuf ans) et pour parrain,

 

Le maréchal d'Empire Guillaume Brune.

 Guillaume_Marie-Anne_Brune[1]

 

Entre 1804 et 1806, c'est au château des Fossés, loué par son père, qu'Alexandre Dumas a fixé ses tout premiers souvenirs: " Du plus loin qu'il me souvienne, c'est à dire de l'âge de trois ans, nous habitions, mon père, ma mère et moi, un petit château nommé les Fossés, situé sur les limites des départements de l'Aisne et de l'Oise, entre Haramont et Longpré. On appelait ce petit château les Fossés, sans doute parce qu'il était entouré d'immense fossés remplis d'eau.

On retrouve ces tout premiers souvenirs dans son oeuvre: "Sur les limites du département de l'Aisne, à l'Ouest de la petite ville de Villers Cotterêts, engagées dans la lisière de cette magnifique forêt qui couvre vingt lieues carrées de terrain, ombragées par les plus beaux hêtres et les plus robustes chênes de toute la France, peut-être, s'élève le petit village d'Haramont, véritable nid perdu dans la mousse et le feuillage, et dont la rue principale conduit par une douce déclivité au château des Fossés, où se sont passées deux des premières années de mon enfance.

Le général Dumas meurt le 26 février 1806, quatre ans après la naissance de son fils. Alexandre Dumas a pour aïeuls un marquis désargenté qui immigra en 1760 à l'île de Saint-Domingue et une esclave ou affranchie noire du nom de Marie-Cessette Dumas

 

Marie Cessette Dumas Amazone[1]

 

Sa mère revient chez ses parents dans l'ancien hôtel de l'Epée à Villers-Cotterêt. Les grands-parents maternels élèvent Alexandre et sa soeur de neuf ans son aînée.

 

La jeunesse d'Alexandre Dumas

 

dumas_jeune[1]

  

Il a neuf ans lorsqu'il entre au collège de l'Abbé Grégoire à Villers-Cotterêts. Il y reçoit les bases de l'instruction primaire. Il y restera élève jusqu'en 1813.

A 13 ans, le petit Alexandre ne sait presque rien, il a pour seule éducation ses lectures de la Bible, de récits mythologiques, de l'Histoire naturelle de Buffon, de Robinson Crusoé et des Contes des mille et une nuits. Cependant, sa calligraphie est exceptionnelle. Il est engagé comme coursier dans une étude de notaire, celle de maître Mennesson. " Il fut donc décidé que, le lundi suivant, j'entrerais chez maître Mennesson: les gens polis disaient en qualité de troisième clerc, les autres en qualité de saute-ruisseau". Cependant l'abbé Louis Chrysostome Grégoire, vicaire de Villers-Cotterêts et directeur du collège qui porte son nom, l'aide beaucoup, et il lui en sera toujours reconnaissant au point de le faire paraître sous un beau jour de tolérance religieuse et d'ouverture d'esprit en 1854 dans un de ses romans, Catherine Blum.

Alexandre fera la connaissance d'Adolphe de Leuven qui l'initiera à la poésie moderne. Ils auront également l'occasion d'écrire ensemble des vaudevilles, dont les premiers seront tous refusés.

 

Le départ pour Paris

 

Jusqu'en 1822, Dumas vit à Villers qu'il quitte pour Paris avec 53 francs en poche, pour échapper à la pauvreté et aux humiliations que sa mère et lui connaissent depuis la mort du général et plus encore depuis celle de Claude Labouret, son grand-père maternel.

Là-bas, il trouve une place de clerc de notaire et découvre la comédie-Française. C'est le début d'une vie nouvelle pour Alexandre lorsqu'il fait la rencontre d'un grand acteur de l'époque, Talma.

 

JFTalma[1]

 

L'année suivante, grâce à la protection du Général Foy, il travaille dans les bureaux du secrétariat du duc d'Orléans et peut enfin faire venir sa mère à Paris.

 

Maximilien_Foy_1[1]

 

 

Un an après, le 27 juillet 1824, c'est la naissance de son fils Alexandre, fruit de sa liaison avec Laure Labay, couturière et sa voisine de palier place des Italiens. L'enfant est illégitime jusqu'à ce que Dumas le reconnaisse le 17 mars 1831, quelques jours après la naissance de sa fille Marie-Alexandrine le 05 mars 1831 qu'il a eue de Belle Kreilssamer.

Alexandre Dumas épouse en février 1840 l'actrice Ida Ferrier (née Marguerite Joséphine Ferrand, 1811-1859) et s'installe avec elle à Florence.

Il a de nombreuses autres liaisons et au moins deux autres enfants naturels, Micaëlla-Clélie-Josépha-Elisabeth Cordier (née en 1860, fille d'Emilie Cordier) et Henry Bauër (fils d'Anne Bauër).

 

Les enfants d'Alexandre Dumas (père) 

enfants d'alexandre dumas père

  

Alexandre Dumas avec sa fille Marie-Alexandrine Dumas

Scan0143

  

Mulâtre, Dumas fut souvent en butte aux sarcasmes racistes de ses contemporains qui s'attirèrent des répliques cinglantes: " Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres?

Mais très certainement.

Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était in singe. Vous voyez, Monsieur: ma famille commence où la vôtre finit."

On rapporte également que Mademoiselle Mars s'écria après avoir reçu chez elle l'écrivain: " Il pue le nègre, ouvrez les fenêtres..."

 

Mademoiselle Mars

495px-Mademoiselle_Mars_or_Anne_Boutet%2C_by_Aim%C3%A9e_Perlet[1]

  

 

La consécration de Dumas

 

401px-Alexandre_Dumas_7[1]

 

 

Cette même année 1824, Dumas se remet au vaudeville avec de Leuven et La Chasse et l'Amour connaît un grand succès. C'est aussi la période où Dumas découvre les "Romantiques" et va beaucoup au théâtre. Il écrit son premier drame historique, Henri III et sa cour en 1828. Bien que qualifiée de "scandale en prose" (en référence à Hernani, la pièce de Victor Hugo qualifiée de "scandale en vers" à sa création), la pièce présentée à la Comédie-Française connaît un énorme succès. Il connaît la notoriété en tant que dramaturge mais dilapide ses revenus, il écrit alors beaucoup de pièces médiocres si bien que le public se lasse. Il passe aux romans-feuilletons dont le succès est tel qu'il est payé 3 francs la ligne (alors que les pigistes sont payés 30 sous la ligne).

C'est un auteur prolifique, avec l'aide notoire de "nègres", et en particulier d'Auguste Maquet, qui a participé à la plupart de ses réalisations. Il signe des grandes fresques historiques telles Les trois mousquetaires ou le Comte de Monte-Cristo en 1844.

Auguste_Maquet_1847[1]

  

 

Le château de Monte-Cristo

 

La même année alors qu'il gagne bien sa vie (1 500 francs annuellement), Dumas achète un terrain à port-Marly et fait bâtir le "Château de Monte-Cristo", une bâtisse de style composite, à la fois Renaissance, baroque et gothique et Le château d'If qui lui servira de cabinet de travail.

 

450px-Maison_Dumas_Ch%C3%A2teau_de_Monte-Cristo_01[1]

 

Le cabinet de travail d'Alexandre Dumas " appelé Château d'If " en face du château de Monte-Cristo

389px-Le_Port-Marly_Ch%C3%A2teau_d%27If_001[1]

 

Château d'If 1

 

 

château d'if

 

 

" Un amant hors pair "

 

459px-Alexandre_Dumas_par_Achille_Dev%C3%A9ria_%281829%29[1]

 

 

En 1835 Dumas à 33 ans, on ne compte plus ses maîtresses. Aussi prolifique dans sa vie sentimentale que dans son génie littéraire, le romancier les désirait toutes. 

Une femme , la comtesse Dash, de son vrai nom Gabrielle Anna de Cisternes, vicomtesse de Saint-Mars

  

Comtesse Dash

  

trace son portrait d'une plume amoureuse, ce n'est pas le Dumas engraissé qu'a popularisé la photographie, trop tard inventée pour le saisir dans l'éclat de sa jeunesse. "Sa taille était superbe; il était difficile d'en rencontrer une plus souple et plus gracieuse. On sait combien il est grand; sa main et son pied étaient d'une petitesse fabuleuse. Dumas montrait volontiers de très belles jambes qui lui eussent valu bien des bonnes fortunes au XVIII ème siècle, alors que les femmes prisaient beaucoup cet avantage. Il a de très beaux yeux bleus. La couleur est celle du saphir et ils en ont l'éclat. Lorsque son intelligence les anime."

 

dumas_h620[1]

 

Le bel Alexandre est l'enfant d'une rencontre improbable comme seules peuvent en produire les catastrophes révolutionnaires. Sa haute stature, ses cheveux crépus, sa bouche gourmande, c'est tout ce qui lui reste de son père le général Dumas, fils d'un aristocrate normand et d'une esclave noire. Ses yeux sont ceux de sa mère, fille d'un modeste aubergiste de Villers Cotterêts, des yeux qui ont beaucoup pleuré, depuis que le général est mort, laissant son enfant de quatre ans orphelin.

Le jeune provincial, qui a fait ses premiers apprentissages dans la forêt qui entoure sa ville natale, s'est métamorphosé en homme du monde. Mais il demeure tel que l'a fait sa première éducation: un chasseur toujours sur la piste du gibier à abattre. Ce sont, maintenant, les femmes qu'il traque, voilà tout.

Déjà, avant son embarquement pour Paris et la gloire, il a, dans son petit bourg, séduit sa première maîtresse, Aglaé Tellier, une modiste, il avait quinze ans, elle, dix neuf; mais le jeune chasseur poursuivait en même temps d'autres proies: " en parlant de beauté humaine, je suis toujours au mieux avec la mienne et même avec son mari; elle est enceinte.

Vous me connaissez assez peu de présomption pour croire que je ne me flatte pas d'avoir opéré ce miracle, mais si le futur poupon arrive sur cette terre de calamité avec des cheveux frisés, il faudra bien en être persuadé", écrit-il à un ami.

Et, un peu plus tard, au même, à propos, d'une Lucie, femme mariée qui, après un an de mariage, reste "encore aussi pure que la mère de notre Sauveur", mystère qu'il voudrait bien approfondir, il se dit décidé à passer la jeune femme "au fil de l'épée". Le fils de général, comme on le voit, abuse en amour de la métaphore militaire.

Arrivant à Paris, la première chose qu'il y fait, c'est un enfant. Un soir, il frappe à la porte de sa voisine pour allumer sa bougie. Il ne sort de chez elle qu'à 9 heures du matin. C'est le 21 octobre 1823. Elle s'appelle Laure Labay. Le fils qui leur naît, le 27 juillet 1824, Alexandre comme papa, est le futur auteur de La dame aux camélias.

 

Pastel de Laure Labay

Scan0149

  

Lettre d'Alexandre Dumas qu'il écrit à sa voisine 

Traduction de la lettre:

Ma belle voisine

J'ai encore deux heures d'ici à minuit

à être seul et triste, êtes vous chez vous? êtes

vous visible? puis je aller vous demander

une tasse de thé?

Je baise vos belles mains n'ayant pas

le droit d'aller plus heut ou plus bas.

Mardi soir signé: Dumas

 

Scan0153

 

Mais c'est une autre femme, mariée, Mélanie Waldor, de six ans son aînée, brune et maigre, -un spectre, disait Victor Hugo-, qui l'accouche de son génie littéraire: elle l'accueille dans son salon, le pousse dans le monde. Il surjoue sincèrement l'amour passion. Ses protestations amoureuses ne survivent pas au succès de son premier drame, Henri III et sa cour, Mélanie doit se résigner à n'être que la maîtresse abandonnée d'un auteur célèbre, et à se consoler comme elle peut: elle va jusqu'à lui trouver des excuses dans son sang africain. Si Alexandre Dumas triomphe publiquement sur la scène des théâtres, il remporte, dans les coulisses, mille et trois victoires privées. Les comédiennes se pendent à son cou. 

 

Mélanie Waldor 

Scan0150

  

" Don Juan la nuit", selon son premier biographe, cet ogre de vie se dépense sans compter. Le registre de ses conquêtes éphémères donne le vertige. Il se prend et se déprend, sans trouble ni remords, car il n'accorde aucune valeur morale à ce qu'il considère comme l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes.

Voici la très belle Belle Kreilssamner, aux cheveux de jais et aux yeux azurés, Mélanie Serre au théâtre, qui chasse de son coeur et de son lit la première Mélanie (Waldor) et qui lui donne une fille, Marie, élévée par la comédienne maîtresse suivante, Ida Ferrier, la seule à accéder au rang d'épouse. "C'est pour mieux m'en "débarrasser", aurait- il confié à un ami. Il abandonne les mères, mais garde férocement les enfants. Sa seule passion, outre l'amitié, c'est l'amour paternel.

Voici Virginie Bourbier, Eugénie Sauvage, la sublime Marie Dorval, qui trahit pour lui son bien aimé, Alfred de Vigny, et qui s'écrit trop tard: "Oh, tu es charmant !

 

Scan0145

  

Vois-tu, il n'y a pas d'ami plus précieux que toi, mais il vaudrait mieux mourir que d'être ta maîtresse, s'il fallait t'aimer avec passion." On dit, si l'on en croit une autre maîtresse, Hyacinthe Meinier, qu'il est l'homme le plus cruel avec les femmes, qu'il a toujours vingt passions en un mois, toutes plus délirantes les unes que les autres; que chaque matin il écrit six lettres qu'il envoie à celles qu'il a remarquées et que, dès que l'une a succombé, il s'en amuse avec ses amis. Et la femme pleure ...

Sa poursuite enivrée du parfum des femmes, son appétit de chair jamais repu ne lui laissent ni halte ni trêve. Seulement, à mesure qu'il vieillit, ses maîtresses ont tendance à rajeunir, comme si les fruits verts agaçaient mieux ses vieilles dents.

Voici Isabelle Constant, quinze ans, bel ange frappé de phtisie.

Voilà Emilie Cordier, surnommée "l'amiral", parce que Alexandre Dumas l'entraîne vers l'Orient affublée d'un uniforme de fantaisie qui lui donnera une petite fille Micaëlla-Clélie-Josépha Elisabeth Cordier.

 

Une petite fille ballotée par le destin

et qui eut pour unique richesse,

le souvenir fugitif et émerveillé d'un père aimant, 

mais trop illustre et trop lointain

 

Dans le cimetière de Brienon, au pied d'une tombe de conception récente, une plaque est simplement posée. Elle nous apprend que, dans cette sépulture de la famille Charpenay, repose également "Micaëlla Clélie Josépha Cordier", fille d'Alexandre Dumas père". Car quelle houle du destin, cette inconnue à l'origine célèbre, a t-elle échoué à Brienon?

Son existence est liée à l'épisode italien de la vie de son tumultueux père. A la fin de 1859, Alexandre Dumas décide de rejoindre Garibaldi qui a entrepris de recruter mille volontaires pour chasser les Bourbons du sud de l'Italie.

Dumas s'enflamme pour ce projet: n'a t-il pas un compte personnel à régler puisque c'est Ferdinand, le roi Bourbon de Sicile, qui a fait empoisonner son père Le général? et puis, face à Victor Hugo qui, sur son rocher de Guernesey, prétend incarner la conscience démocratique, son chaleureux rival n'est pas fâché de se poser en émancipateur des peuples. Il affrète une goélette, recrute un équipage, mais aux marins de métier.

 

yacht[1]

 

 Il adjoint un curieux mousse, "Emile". Son visage, dont les cheveux disparaîssent  sous le béret est étrangement aigre, futé et la vareuse au col marin moule une poitrine plus développée qu'on ne l'attendrait d'un gamin. Emile s'appelle en réalité Emilie Cordier, la dernière conquête du maître. Elle lui a été présentée en 1858, petite actrice en quête d'un bout de rôle. C'est une authentique grisette, née à Paris, d'abord apprentie lingère puis poissonnière aux Halles, enfin théâtreuse.

 

A son retour Dumas écrit au grand-père Cordier:

" Si Emilie quitte Paris, bébé me sera remise avant son départ. Si Emilie vivait avec un autre homme que moi, je reprendrais bébé. "Refus obstiné de la mère". Bébé ne sera jamais reconnue par son père. Au printemps 1870, le romancier se meurt. Micaëlla multiplie les missives, mais c'est Alexandre "fils" qui répond: " Je n'ai pu lui communiquer vos lettres parce que vous y parlez de sa maladie et que nous lui cachons (le plus possible) qu'il est malade. Le nom affectueux que vous lui donnez prouve que vous l'aimez autant qu'on peut aimer à votre âge:..."

C'est dans un restaurant par hazard, que Micaëlla apprend la mort de son père.

 

Ou encore Marie Garnier, blonde et grasse Vénus d'Orphée aux enfers d'Offenbach, avec qui il fait, de Naples à Marseille, " un voyage à travers le paradis de Mahomet". Il a le corps glissant, comme ces anguilles avec lesquelles il confectionne les fameuses matelotes de son Grand dictionnaire de cuisine.

 

Il revendique cinq cents enfants

 

Nadar_-_Alexander_Dumas_p%C3%A8re_%281802-1870%29_-_Google_Art_Project_2[1]

 

Au crépuscule de sa vie (1867), tandis que tout s'écroule en lui et autour de lui, le vieillard indigne scandalise encore Paris en se laissant photographier en étroite compagnie avec Adah Isaach Menken, l'écuyère américaine.

 

Alexandre Dumas avec l'écuyère Adah Isaacs Menken

dumas et adah menken

 

Adah Isaacs Menken en écuyère 

menken_cheval[1]

  

Un peu plus tard, son amie Mathilde Shaw le découvre chez lui, boulevard Malesherbes, plongé dans un immense fauteuil, une jeune femme assise sur son épaule, une autre sur le bras du siège, une troisième, accroupie à ses pieds, sur un tapis de fourrure: toutes trois habillées, dit l'amie horrifiée, "comme notre mère Eve avant le péché originel".

L'ultime maîtresse, Saturine, jeune buraliste aux yeux de renard, lui sert ausi de secrétaire et partage sa chambre, soulevant l'indignation à Roscoff le temps d'un dernier été (1869).

" Mais l'inspiration me visite la nuit, rétorque l'écrivain, il me faut bien une secrétaire." A Mathilde Shaw, qui l'a surpris au milieu de sa trinité d'Eve dénudées, il aurait déclaré: 

" Je ne veux pas exagérer, mais je crois bien que j'ai, de par le monde, plus de cinq cents enfants."

Incrédule, elle avoue n'en connaître que cinq.

Deux reconnus: son grand Alexandre, sa fierté, dont la gloire dépassait la sienne, et sa fille Marie Alexandrine, peintre écrivain, perdue de mysticisme. Et trois non reconnus: la petite Micaëlla, rejeton rachitique que "l'amiral", redevenue femme, lui avait donné; un étudiant de 18 ans, reconnaissable à son extrême ressemblance avec Dumas et un fils Henri Baüer, communard, dreyfusard, déporté en Nouvelle Calédonie; une comédienne qui fera partie de la troupe de Sarah Bernhardt en Amérique...

Aucun de ces enfants n'a laissé de postérité jusqu'à nous, semble-t-il. Le dernier de ses descendants, son arrière petit-fils, Serge Lippmann (les enfants de son fils Alexandre), s'en est venu mourir dans le dénuement à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye, en 1972.

 

Serge et Auguste Lippmann 

petits_fils[1]

 

Pourtant de temps à autre, parvient la rumeur d'un enfant de hasard, engendré par l'illustre écrivain.

A Villers Cotterêts, il aurait jeté le mouchoir à la servante de son vieil ami Modeste Cartier, laquelle aurait accouché d'un fils, dont la descendance habiterait toujours la ville. Une photographie accrédite les on-dit: celui qui aurait été le petit fils de l'écrivain (et qui ne s'en cachait pas) était une réplique presque exacte du grand-père. A l'autre bout de l'Europe, dans une vallée du Caucase, la fille d'un cosaque aurait donné naissance à une petite fille, prénommée Alexandra (Sania), laquelle aurait épousé un Tchétchène at aurait fait souche.

Mais tout bien considéré, ne sommes nous pas des millions à pouvoir nous dire ses enfants? Puisque ce sont ses livres qui nous ont fait venir au monde éblouissant de la lecture.

 

Il fait construire son propre théâtre

 

800px-Th%C3%A9%C3%A2tre_Historique_interior_view_1847_-_Hemmings_1979_pl_6c_after_p122[1]

 

E, 1846, il fait construire son propre théâtre à Paris, boulevard du Temple, qu'il baptise " Théâtre-Historique". Le théâtre est inauguré en 1847 et accueille les pièces de plusieurs auteurs européens (Shakespeare, Goethe, Calderon, Schiller) avant de faire faillite en 1850. C'est dans ce théâtre qu'il fera jouer pour la première fois une de ses pièces tirée de son roman Le chevalier de Maison-Rouge dans laquelle est entonné Le chant des Girondins, devenue un plus tard l'hymne national français sous la seconde République.

En 1848, il est candidat malheureux aux élections législatives qui suivent la révolution. Il soutient ensuite Louis Eugène Cavaignac contre Louis-Napoléon Bonaparte.

Louis_Eug%C3%A8ne_Cavaignac_MdesA_2014[1]

 

Ruiné par la faillite de son théâtre, Dumas est obligé de vendre aux enchères son château qu'Honoré de Balzac admirait tant. En 1851, poursuivi par plus de cent cinquante créanciers, Dumas doit s'exiler un temps en Belgique.

 

HBalzac_original[1]

 

Dumas ne cessera jamais de s'engager: en 1852, il s'exile momentanément, comme Victor Hugo, pour protester contre le coup d'Etat de Napoléon III, et en 1860, il vend ses biens pour acheter des armes pour l'armée de Garibaldi.

Dumas est un ami et un admirateur du général Giuseppe Garibaldi et pendant l'expédition des Mille,

 

Giuseppe_Garibaldi_%281866%29[1]

 

il se rend en Sicile pour lui livrer les armes achetées. Il est le témoin de la bataille de Calatafimi

 

Battle_of_Calatafimi[2]

 

qu'il décrit dans " Les Garibaldiens", publié en 1861. Il est aux côtés de Garibaldi le jour de son entrée dans Naples puis il est nommé Directeur des fouilles et des musées, charge qu'il occupe pendant trois ans (1861-1864) jusqu'à ce que, à cause du mécontentement des Napolitains qui acceptent mal qu'un étranger occupe une telle charge, il préfère démissionner et rentre à Paris. Durant la même période, il dirige le journal L'indipendente auquel collabore le futur fondateur du Corriere della sera, Eugenio Torelli Viollier. Dumas ne ralentit pas pour autant sa production littéraire.

 

Alexandre Dumas en 1860

vie[1]

 

 

 

Ses nombreux ouvrages

Proche des romantiques et tourné vers le théâtre. Alexandre Dumas écrit d'abord des vaudevilles à succès et des drames historiques comme Henri III et sa cour (1829), La tour de Nesle (1832), Kean (1836). 

Auteur prolifique, il s'oriente ensuite vers le roman historique telles que la trilogie Les Trois Mousquetaires (1844), Vingt ans après (1845) et le Vicomte de Bragelonne (1847), ou encore Le Comte de Monte-Cristo (1844-1846) et La Reine Margot (1845).

 

Les nombreux ouvrages d'Alexandre Dumas

livres d'alexandre dumas

 

La paternité de certaines de ses oeuvres lui est contestée. Dumas fut ainsi soupçonné par plusieurs critiques de son époque d'avoir eu recours à des nègres littéraires, notamment Auguste Maquet. Toutefois les recherches contemporaines ont montré que Dumas avait mis en place une véritable coopération avec ce dernier: Dumas s'occupait de choisir le thème général et modifiait les ébauches de Maquet pour les rendre plus dynamiques. On ne peut donc lui nier la paternité de son oeuvre, même s'il a été aidé.

 

 

Un Fin gourmet

 

Il est même l'auteur en 1870 d'un grand dictionnaire de cuisine, publié après sa mort en 1873.

 

dictionnaire de cuisine a d

  

" Alexandre Dumas partageait son temps, comme d'habitude, entre la littérature et la cuisine; lorsqu'il ne faisait pas sauter un roman, il faisait sauter des petits oignons."

  

760px-Alexandre_Dumas_13[1]

 Alexandre Dumas concoctant une bouillabaisse de personnages, par Cham

"illustrateur et caricaturiste" de l'époque.

 

 

Un exemple de Menu pour un dîner de 32 couverts

servi le 19 Janvier 1864 chez Alexandre Dumas

 

993_002[1]

 

  

Son décès

En septembre 1870, après un accident vasculaire qui le laisse à demi paralysé, Alexandre Dumas s'installe dans la villa de son fils à Puys, quartier balnéaire de Dieppe. Il y meurt le 05 décembre 1870.

 

Sa chambre dans la villa de son fils à Dieppe dans les derniers jours de sa vie 

chambre[1]

 

 

 

Il sera inhumé au cimetière de Villers Cotterêts

 

 

10[1]

 

 

Sa dépouille est transférée au Panthéon de Paris le 30 novembre 2002, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance. 3Il s'agit d'un acte de haute valeur symbolique: écrivain de génie, il a été un vrai républicain et a participé à la révolution de 1830. Et puis, ce "nègre" honoré par la République!

Je n'oublierai jamais lors de son entrée au Panthéon, l'image d'une jeune Marianne noire, juchée sur un cheval blanc". 

 

 

 

a-la-prochaine2[1]

 

J'espère que ce "dossier" sur Alexandre Dumas vous aura plu et passionné.

Bonne lecture !

 

 

 

livre_010[1]

 

Mes sources: Wikipédia

Des données personnelles ainsi que des photos m'appartenant (les photos montages sont mes réalisations)

et une petite balade à travers d'autres sites passionnants:

 

Château des Fossés d'Alexandre Dumas

Vidéo du château de Monte-Cristo

Alexandre Dumas

A la lettre

 

 

 

1ezjsixp[1]

 

 

 

Alexandre Dumas en 1860 

vie[1]